Yan Chantrel, candidat des progressistes d’Amérique du nord en 2017

Yan Chantrel se lance dans la bataille de l’élection législative. Le conseiller à l’AFE pour le Canada veut défendre un projet construit avec les « Français progressistes d’Amérique du nord », et porter une voix différente au Palais-Bourbon.

Par Nathalie Simon-Clerc

La déclaration de candidature de Yan Chantrel :

« Un député des Français de l’étranger n’est pas un député comme les autres », énonce Yan Chantrel. Militant socialiste, élu consulaire à Montréal et à l’Assemblée des Français de l’étranger, ce montréalais se définit comme un « progressiste d’Amérique », qui ne conçoit l’action politique que collectivement. Il veut prolonger son mandat consulaire qu’il estime parfois « trop consultatif », en portant la voix de ses compatriotes à l’Assemblée nationale.

C’est pourquoi, il lancera dès le mois prochain, une plate-forme participative pour élaborer son projet de campagne, qu’il s’engage à défendre à Paris s’il est élu. « Je veux m’adresser directement à mes concitoyens », expose M. Chantrel qui affirme vouloir pérenniser cette démarche participative après son éventuelle élection. « Ce n’est pas un gadget de campagne », clame le candidat qui précise qu’ «il n’y aura pas de sujets tabous ». Les participants devront toutefois signer une charte d’adhésion aux valeurs progressistes. Il affirme vouloir être un « agitateur d’idées » pour permettre à la France de se nourrir de ces idées venues d’ailleurs. « Sur les questions de société, nous sommes beaucoup plus progressistes qu’en France », justifie l’élu local.

Fiscalité, santé ou travail

Plusieurs thématiques vont alimenter le Projet des Progressistes, comme la santé, le travail ou encore la fiscalité. Il souhaite l’enrichir, « mais au même titre que les autres contributeurs ». Pourtant, il a déjà quelques idées en tête, comme la possibilité d’obtenir la Carte Vitale si l’on est redevable de la CSG-CRDS, la fusion de l’impôt sur le revenu et des cotisations controversées pour permettre aux revenus modestes d’en être exonérés ou encore l’amélioration du système des bourses scolaires.

Mais c’est aussi un statut de l’élu qu’il veut imposer, pour permettre à la société civile de s’impliquer en politique, tout en étant protégée. « Je suis pour le mandat unique dans le temps, car il faut du renouvellement en politique », affirme celui qui reproche le cumul des mandats.

Coordonnateur dans un organisme québécois de réinsertion des personnes judiciarisées, il laissera son emploi pour se consacrer entièrement à son mandat. « Perdre mon emploi, c’est un risque, mais je suis prêt à le prendre », explique-t-il.

Le député actuel, un politicien professionnel

Sans jamais le nommer, il juge sévèrement le bilan de l’actuel député, Frédéric Lefebvre. La Carte Vitale pour les retraités dont il s’attribue le bénéfice ? « Il a voté contre! », lance le conseiller à l’AFE. Il fustige le « politicien professionnel plus préoccupé par sa carrière personnelle » que par les Français de sa circonscription. « Il est candidat à toutes les élections possibles et inimaginables », s’amuse le candidat en évoquant la primaire de la droite.

« C’est un conservateur qui représente à merveille le système français que je veux changer », persifle M. Chantrel. Montréalais, le candidat promet de passer au moins un tiers de son temps dans la circonscription s’il est élu, avec « des séjours d’au moins une semaine ». Il tacle de nouveau le député actuel : « Il faut passer du temps dans sa circonscription pour prétendre la représenter », et marque sa différence : « quand quelqu’un vient me voir, je n’ai pas besoin de parler beaucoup avec lui, car ce qu’il me raconte, je l’ai vécu moi-même ».

Déjà en campagne, « car la circonscription est grande », Yan Chantrel a décidé de garder encore secrète l’annonce de sa suppléante. Ce sera une femme, car il se dit attaché à la parité, et on peut supposer qu’elle sera issue des États-Unis ?

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