Wool War One, une nouvelle façon de commémorer les combattants de la Grande Guerre

8Depuis le 11 novembre et jusqu’au 7 janvier 2018, le Musée des beaux arts de Montréal et Délit Maille présentent son armée de laine “Wool war one”, une installation de 780 soldats entièrement tricotés par 500 bénévoles des quatre coins du globe.

Par Yann Nopieyie

En effet, après un appel lancé sur les réseaux sociaux par l’artiste Délit Maille, 500 tricoteurs du monde entier ont ainsi contribué à la réalisation de ce projet de grande envergure, qui totalise tout de même 20 000 heures de travail.

L’objectif pour cette artiste, était de rendre hommage aux victimes de la guerre de 14-18 et de les commémorer. Mais pas de n’importe quelle manière

“Il ne s’agit pas d’une commémoration mémorielle ou patriotique“ déclare t elle à l’issue d’une entrevue. “Je veux que cette commémoration la soit un peu le pendant aux commémorations officielles qui sont un peu désincarné”.

Quant au cadre de la visite de l’exposition au Musée des beaux arts, il est assez original et singulier. Les statues de laine sont situées au deuxième étage du musée, et elles sont agencées et placées comme un véritable régiment. Plusieurs présentoirs permettent ainsi de voir en détail les équipements des soldats de laine : bonnets, musettes et paletots ….et rien n’est laissé au hasard. Même les couleurs des différentes nations alliées ayant participé à la grande guerre, sont représentés sur les uniformes des soldats.

L’idée de Wool War One a fait surface en 2013 au moment où Délit Maille a été mandatée par La Piscine, Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix, pour concevoir une oeuvre en prévision du centenaire de la Grande Guerre. Wool War One prend forme après une visite dans l’un des immenses cimetières militaires du nord de la France, où la plasticienne remarque les noms et âges des « morts au combat ». Elle lance alors un appel au public pour concevoir les soldats d’une hauteur de 15 cm chacun.

Dès lors, la machine s’emballe : en quelques jours à peine, 499 tricoteuses et un tricoteur bénévoles de tous les âges, provenant des cinq continents (tout comme les soldats en 1914), s’enrôlent dans le projet. Délit Maille veille par la suite à assembler la longue colonne 18 m de petits poilus qui ravive le récit silencieux des millions de vies broyées lors de ce conflit mondial.

Fraîchement débarqués à Montréal, les soldats de l’armée de laine Wool War One sont regroupés par nationalités, les poilus français étant les plus nombreux. On peut y reconnaître les Canadiens par leur uniforme beige avec un écusson sur le bras. On rappellera que les soldats canadiens ont joué un rôle majeur lors de la Première Guerre mondiale en réussissant la prise de la crête de Vimy en 1917. Ils ont donné l’assaut sur ce qui était considéré comme un véritable cimetière, les précédentes attaques françaises ayant toutes échoué. Vimy est devenue un symbole du sacrifice des soldats canadiens, et 11 285 d’entre eux, morts en France, y sont ensevelis. Aujourd’hui, en sol canadien, le MBAM se souvient.

Atout France au Canada et la Mission du Centenaire sont commissaires de cette exposition.

(source: MBAM – crédit photo: Photo Délit Maille / Alain Leprince)

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