Vincent Macaigne à Cinémania : « on parle d’un monde qui disparait pour se recréer ailleurs »

Cette année, c’est la première fois que Vincent Macaigne reste si longtemps à Montréal, « la ville a l’air super. » Il est arrivé la veille et s’aide de café pour tenir le décalage horaire. Il est là pour présenter le nouveau film d’Olivier Assayas, Doubles Vies, qui sortira en salle le 16 janvier 2019 en France.

Par Camille Balzinger

« C’est l’histoire de deux couples qui sont un peu dans des vies parallèles, et qui petit à petit réussissent à se retrouver et à se ré-aimer, » explique Vincent Macaigne. Léonard, le personnage qu’il incarne, est un romancier publié par son ami Alain (Guillaume Canet), directeur d’une maison d’édition qu’on comprend grande et connue. « On parle de retrouvailles, de couples qui s’aiment malgré tout, malgré l’enchevêtrement de leurs histoires minables. Il y a quelque chose de plus grand. » C’est avec une grande habilité que le film fait vivre les personnages comme la maison d’édition, tous devant accepter les changements et se renouveler dans un monde qui, inéluctablement, avance.

« C’est un film très lumineux, un peu comme une pièce de Tchekhov ou comme Manhattan, de Woody Allen. » Le film est drôle et transmet une forme de joie et de mélancolie en même temps, « ce qu’Olivier [Assayas] fait souvent dans ses films francophones. » Il touche au monde moderne, comme Tchekhov : le monde de l’édition, son bouleversement par le numérique. « Et en même temps il y a ces deux couples comme ça, qui ne sont pas vieux, mais ça fait longtemps qu’ils sont ensemble et doivent se réinventer. »

Si Macaigne parle de Tchekhov, c’est aussi peut-être car Doubles Vies est un film de conversation, « la drôlerie est dans la prise de parole. Il y a beaucoup de dialogue, beaucoup de texte. »

Le comédien avoue avoir accepté le rôle car c’était une occasion de tourner avec Assayas. Pour l’instant il a choisi ses films souvent pour leurs réalisateurs. « J’ai renoncé à l’idée de faire une carrière en choisissant en fonction du rôle. Je choisis de rencontrer des êtres humains qui m’emmènent loin, » dit-il.

« Mais c’est aussi un rôle truculent : Léonard est de mauvaise foi, il a un mauvais caractère qui est finalement assez doux. » S’il trouve son personnage détestable, il le trouve aussi touchant et complexe. Il y a donc peu de points communs entre Léonard et Macaigne lui-même. « Lorsque j’écris, je produis des récits épiques et ai tendance à calfeutrer ma vie personnelle. Il n’y a aucune autofiction dans mon travail, » précise-t-il en riant.

Il aime beaucoup le travail de Xavier Dolan et son travail qu’il trouve « super et puissant, » et regrette que le cinéma québécois ne soit pas plus connu. « C’est injuste pour ceux qu’on ne connaît pas, il doit y avoir plein d’œuvre majeurs au Québec et on n’en entend pas parler. »

Vincent Macaigne est présentement en train d’écrire un nouveau film, mais ne veut pas trop en parler. « Je ne sais vraiment pas ce que ça va être. » Il aimerait aussi incarner plus de personnages violents, moins doux. « Au théâtre les caractères sont souvent plus forts, » et il aimerait incarner cet extrême-là à l’écran. « Je pense que ça me plairait de jouer un flic, ou quelque chose comme ça. »

Visionnez la bande annonce:

Le festival Cinémania, du 1er au 11 novembre 2018 à Montréal: Cinémania

(crédit photo: Cinémania)

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