Vincent Boileau-Autin veut donner une vraie place à la société civile en politique

Vincent Boileau-Autin est le premier marié gay de France. Mais aujourd’hui, il est surtout candidat à l’élection législative d’Amérique du Nord. Montréalais d’adoption, ce militant associatif veut porter de nouvelles idées dans le champ politique.

Par Nathalie Simon-Clerc

« La diversité est le vrai PIB de la France », avance Vincent Boileau-Autin. À 44 ans, ce Montpelliérain vit aujourd’hui entre Montréal et le Sud de la France, où il développe une entreprise de tourisme LGBT (1).

La solidarité, le travail en équipe et la promotion de la diversité, c’est son cheval de bataille. Il estime également que les femmes sont les grandes absentes du monde politique. Sa directrice de campagne, tout comme sa suppléante Montpelliéraine, sont donc forcément des femmes.

Militant associatif durant de nombreuses années, il veut aujourd’hui « bousculer les choses et avancer des idées » dans le champ politique. « Je suis un citoyen de la vraie vie », justifie-t-il.

Renouveler la vie politique

Adhérent au mouvement En Marche (EM) d’Emmanuel Macron dès la première heure, il est aujourd’hui déçu. Il estime que le président de la République ne donne pas assez de place à la société civile, ainsi qu’il l’avait promis. « Bayrou, Collomb, ce sont les vieilles barbes et les vieilles pratiques de la politique française », lance-t-il. Il ajoute qu’EM est devenu un parti élitiste.

Parmi les idées nouvelles qu’il avance, il veut une existence légale au binôme « candidat et suppléant ». « Élodie Brun-Mandou n’est pas ma suppléante, elle est ma colistière », prétend-il. Pour plus de diversité et pour lutter contre l’absentéisme, il veut siéger en alternance avec elle, mais aussi partager l’indemnité parlementaire. « Vivre avec 2 500 euros par mois au lieu de 5 000, ça rapproche de la vraie vie », plaide le candidat.

Il veut également un profond renouvellement de la vie politique, sans cumul de mandats, en instaurant une parité stricte entre société civile et partis politiques.

Pour les Français de l’étranger

Pour les Français de l’étranger, il souhaite agir dans le domaine de l’éducation, en développant notamment les moyens parascolaires par une redistribution des ressources. « Il faut revoir la dimension du lycée français. Ça coûte des millions d’euros à la France », estime-t-il. Selon lui, il faut également renforcer le système de bourses afin de permettre au plus grand nombre d’accéder à l’éducation française.

« Est-ce nécessaire d’imposer les Français à la CSG-CRDS? », s’interroge M. Boileau-Autin. Il veut « remettre à plat » la fiscalité de ses compatriotes de l’étranger, qui doit également inclure la santé et les retraites, et prétend que la solidarité doit s’exercer autrement.

Le consulat de France en cause

Le candidat se montre virulent vis-à-vis du consulat de France, notamment après le « couac » de l’élection présidentielle. « On a eu un saupoudrage d’amélioration au second tour, mais le consulat doit se remettre en question! », se fâche le candidat.

Il souhaite faire un état des lieux des missions du consulat. « C’est une usine à gaz qui marche à cloche-pied », renchérit-il. Il prend pour exemple le standard, ouvert de 8h à 12h, mais qui ne répond pas.

Les conseillers consulaires sont, selon lui, « des gens qui cautionnent un système qui fonctionnent mal ».

Il souhaite également que le consulat abrite un guichet unique pour effectuer les démarches de retour en France.

Vincent Boileau-Autin se déplacera à Québec, Ottawa et New-York. Il fait un appel aux dons pour financer ses déplacements, et se prend à rêver : « la vraie audace serait d’élire un « petit » candidat ».

Le site du candidat: GO2017.fr

(1) Lesbian, Gay, Bisexuel, Transexuel

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