Le vin français, grand vendeur au Québec

Même si de nombreux Québécois préfèrent une bonne pinte de bière en soirée ou au repas, certains d’entre eux préfèrent un bon verre de vin… Et du rouge s’il-vous-plait! L’Outarde libérée a rencontré des importateurs de vins français, une boisson toujours très prisée au Québec.

Par Charlotte Lopez

Comme la SAQ (Société des Alcools du Québec) détient le monopole d’État sur la vente de vin au sein de la belle province, il est impossible pour les amoureux du vin d’en être distributeur, d’ouvrir une cave ou encore d’être grossiste. Qu’à cela ne tienne, certains ont donc décidé de devenir importateurs, comme ce couple de Français, Laura Duclos et Manfred Audard, qui a monté, depuis avril 2013, une agence d’importation de vins, spiritueux et bières appelée Bulles Mousse Tanins (BMT).

« On est hyper ambitieux, avec plein d’idées et l’envie de bâtir des choses »

Après avoir fait une grande école de commerce à Reims avec un stage de six mois qu’ils ont réalisé à Montréal en 2011, ils ont décidé d’ouvrir leur entreprise au Québec en 2013 : « On se demandait quoi faire avec notre diplôme, on se rendait bien compte qu’il n’y avait pas beaucoup de travail en France, et surtout rien qui nous intéressait vraiment dans notre pays, donc on a voulu monter notre projet à Montréal », raconte la présidente de BMT, Laura Duclos.
Importation BMT a donc vu le jour en avril 2013, d’abord en tant qu’entreprise autonome, puis incorporée depuis janvier 2016. « On est sérieux, mais on ne se prend pas au sérieux, souligne Laura. On voit large ; on parle aussi d’art de vivre, de recettes, d’accords vin-nourriture, de pâtisserie, et on va aussi faire de l’événementiel. »

« C’est un marché où il faut être opportuniste et assez malin »

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Crédit photo : Archives – Nathalie Simon-Clerc

Tandis que son conjoint et associé, Manfred, s’occupe de la partie « Nouveau Monde », Laura s’occupe, elle, des importations françaises. Ils passent le plus clair de leur temps en voiture à présenter les vins, bières et spiritueux de leurs fournisseurs dans les magasins SAQ. « La SAQ a des critères de sélections comme la notoriété, le côté bio ou novateur, mentionne-t-elle. On ne cherche pas forcément à lui proposer ce qu’on connait et ce qu’on aime déjà, on suit vraiment sa liste de conditions et on cherche notamment dans les derniers guides du vin ; c’est un marché où il faut être opportuniste et assez malin. »
Avec cette agence qui existe depuis maintenant trois ans, Laura et Manfred ont deux gros fournisseurs français concernant le vin : « BeBordô », un vin rouge très moderne de Bordeaux, et « Le Grand Ballon », un Sauvignon Blanc de la Loire. « Le rouge représente 75% des ventes au Québec, donc on a plus de rouge que de blanc sélectionnés par la SAQ, mais on aimerait aussi beaucoup pouvoir avoir des gammes d’une seule marque », ajoute Laura.

« La qualité passe avant tout »

Pour Benoit Lecavalier, président de l’agence promotionnelle Benedictus qu’il a créée il y a maintenant 18 ans, pas question d’importer du vin en grosse quantité, la qualité passe avant tout. Pour ce Québécois parti en 1992 faire sa maîtrise en économie internationale à la Sorbonne à Paris, le but était de faire connaître les petits vignerons français : « Je voulais rapprocher le Québec avec ces artisans français qui font maximum un million de bouteilles, lance M. Lecavalier. Je pense avoir été un des premiers à signer des contrats avec des petits producteurs qui possédaient leurs propres vignes. »
Il propose donc une « exclusivité Benedictus » pour les clients de la SAQ et en particulier les restaurants. La France et le Québec sont des partenaires de longue date, et pour lui c’était évident de faire affaire avec ce pays : « Il y a eu une explosion des vins français à partir de 1967 avec l’Exposition universelle, c’est à ce moment-là que la gastronomie française a débarqué à Montréal, se remémore-t-il. Les Français ont toujours encouragé les vins québécois et vice-versa. » Selon M. Lecavalier, le vin français est le plus grand vendeur au Québec, et son objectif est de faire vendre « autre chose que du Mouton Cadet ».

(crédit photo : Archives – Rozenn Nicolle)

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