Vers le futur : le potager télécommandé

Au Québec depuis moins d’un an, Nicolas Deschamps se lance dans l’industrie tant florissante que risquée qu’est celle du nouveau chouchou des geeks high-tech : le drone.

Par Anne-Hélène Mai et Yan Brassard, journalistes

Les drones sont sur toutes les lèvres, ils semblent être l’invention qui saura pallier tant de problèmes du quotidien, même ceux auxquels on n’a pas encore pensé. Son charme futuriste fascine et ses possibilités techniques paraissent à ce jour infinies.

Nicolas Deschamps fonde du même coup sa start-up, autre mot à la mode dans la métropole.

« C’est tellement plus facile au Québec qu’en France », Nicolas Deschamps a vite su reconnaître le climat d’affaires accueillant du pays.

Mais la vitalité entrepreneuriale de Montréal va de pair avec une féroce compétition. Ainsi, M. Deschamps a choisi de s’orienter vers un secteur peu exploité au Québec : les drones dans l’agriculture.

Innover pour se démarquer

Issu d’une famille d’agriculteurs, Nicolas Deschamps rêvait d’un retour aux sources. Il a combiné sa formation en design industriel à son expérience de terrain pour cultiver une nouvelle passion et semer les graines de son ambition.

Son entreprise, Drones des Champs, offre deux services. D’une part, il saisit des prises de vues avec le drone Mavic Pro lors d’événements ou pour identifier toute irrégularité à la grandeur du champ étudié. Ce drone-ci est doté d’un capteur haute définition pouvant prendre des photos jusqu’à douze Mégapixels (Mpx) : les zones de contamination ou de sécheresse sont clairement définies, on peut les traiter avec plus de précision.

Ses services d’imagerie par drones sont déjà utilisés depuis quelques années et les nouveaux prototypes ne manquent jamais à l’appel lors de l’Expo-Champs annuelle de Saint-Liboire.

La start-up de Nicolas Deschamps se distingue plus particulièrement par le deuxième service qu’elle offre : l’épandage de produits sur des terres agricoles grâce au drone AGRAS MG-1S de DJI. C’est ce service-là qu’il souhaite développer de A à Z, en complémentarité avec les autres applications par drone déjà offertes.

Le drone, sinon écologique, du moins environnemental

« Le drone d’épandage est là pour agir dans un cadre un peu plus environnemental puisqu’il agit de façon ciblée », explique M. Deschamps.

Les épandeurs et avions habituellement utilisés pour déverser les engrais ou pesticides sont moins précis et causent de l’érosion. Les avions, qui ne peuvent voler qu’à une certaine altitude minimale, arrosent involontairement les champs, forêts ou maisons adjacents de leurs produits chimiques, qui sont emportés par le vent.

Le drone, qu’il transporte du chimique ou du biologique, évite de contaminer les terrains non visés. Il projette les substances au sol avec une précision au centimètre près.

Une machine intelligente

Comment ça marche ? On crée un plan de vol grâce à un logiciel, on met le produit adapté avec la quantité adaptée dans le drone et il ne reste qu’à le faire décoller. Le drone est autopiloté et se rend tout seul, de son intelligence algorithmique, sur le lieu de sa mission.

Le réservoir du drone AGRAS MG-1S possède une capacité d’une dizaine de litres : « Une fois qu’il aura fini son réservoir, il reviendra vers la piste de décollage […] je le remplirai et je le referai décoller », explique l’entrepreneur.

Rempli, l’appareil pèse autour de 25 kilos. Le roi chinois du drone DJI déclare sur son site internet que ce drone, d’une taille de 1,80 m de diamètre, peut couvrir une zone de 6000 m² en 10 minutes.

Combien coûte le drone ? Plus de 30 000 $. Un prix élevé pour le commun des mortels, mais très abordable en comparaison avec un avion ou une machine d’épandage neuf multi-usage.

Pour développer son entreprise, M. Deschamps est en recherche de partenariats avec des agriculteurs, mais aussi avec des chercheurs universitaires. Il procédera sous peu à une campagne de socio-financement.

À l’aide des connaissances de ses partenaires, il cherche à employer les meilleures méthodes, perfectionner les pratiques et s’assurer de répondre aux besoins des agronomes québécois.

Pour lui, il ne fait aucun doute que le drone est l’avenir de l’agriculture.

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