Un Prix Nobel Franco-Canado-Américain

Le 2 octobre dernier à Stockholm, le comité Nobel annonçait les lauréats dans les Sciences physiques. Une fois n’est pas coutume, c’est un groupe de physiciens qui est récompensé. Cette fois-ci, il s’agissait d’études sur les LASERS. Un Américain, Arthur Ashkin, un Français, Gérard Mourou et une Canadienne, Donna Strickland sont les heureux élus.

Par Damien Meunier

Si des nations habituées aux honneurs sont présentes (USA et France), le Canada place une chercheuse sur la liste des récipiendaires. Et c’est un événement à plusieurs titres. En effet, l’unifolié n’obtient que son 19e prix (le dernier en 2015 en physiques déjà). Et surtout, le Docteur Strickland n’est que la 3e physicienne à obtenir cet honneur après Marie Curie (aussi lauréate en Chimie ne 1911) en 1903 et Maria Goeppert Mayer en 1963. D’ailleurs, la Canadienne l’a fait remarquer lorsqu’elle l’a appris : « Je pensais qu’il aurait été plus facile d’honorer les femmes physiciennes, nous en sommes là aujourd’hui et j’espère qu’avec le temps, les choses iront plus vite. »  Il faut dire que les femmes ne sont rentrées que tardivement dans les laboratoires.

Alors que l’américain, le doyen des lauréats, a mis au point des « pinces optiques » utilisées dans l’étude du vivant car elles permettent de manipuler de petits organismes comme des virus, le Français et la Canadienne ont travaillé sur le même projet. Il s’agissait même du sujet de thèse de Mme Strickland (avec M. Mourou en directeur). Les recherches qu’ils ont menées sont à présent utilisées dans la chirurgie corrective de la vue notamment.

Originaire de Guelph en Ontario, Donna Strickland est à présent enseignante à l’université de Waterloo. Avec son maître de thèse, elle a permis d’augmenter la puissance des LASERS partout dans le monde pour atteindre la puissance d’un Petawatt. On trouve de ces LASERS dans plusieurs pays européens.

Cette récompense met en avant les relations scientifiques entre les Français et les Canadiens. Gageons qu’elles continueront encore longtemps dans l’avenir.

(crédit photo: le Français Gérard Mourou – CNRS Le Journal)

 

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