Un hymne franco-belge à la paternité bretonne !

Ce 15 juin, le film franco-belge de Carine Tardieu, «  Ôtez-moi d’un doute » prend l’affiche à Montréal. Ce film, sorti en 2017 en France, a essentiellement été tourné à Vannes et à Etel dans le Morbihan.

Par Pascal Eloy, chroniqueur

Il raconte l’histoire d’Erwan (François Damiens), un démineur breton, qui apprend, lors d’une visite médicale avec sa fille enceinte, que son père (Guy Marchand) n’est pas son père. Malgré toute la tendresse qu’il éprouve pour cet homme qui l’a élevé, Erwan demande à une détective d’enquêter. Elle retrouve son véritable géniteur, Joseph, un vieil homme des plus attachants pour qui il se prend d’affection.

Au même moment, Erwan rencontre Anna (Cécile de France) une jeune femme au charme quelque peu déstabilisant, mais assez irrésistible. Il sera encore plus déstabilisé lorsqu’il comprendra qu’Anna est la fille de Joseph.

Mais tout n’est pas aussi simple…

Dans ce film qui a fait un malheur lors de sa présentation à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, deux des acteurs belges les plus populaires du cinéma français permettent à la réalisatrice Carine Tardieu de jouer l’équilibre entre le rire et l’émotion, une mise en scène rythmée et des dialogues spirituels… « Otez-moi d’un doute » est un film qui, gentiment, en douceur, fait des étincelles d’autant que les seconds rôles n’ont pas été négligés. En effet, Juliette, (Alice de Lencquesaing) la fille d’Erwan, enceinte, refuse farouchement de dire qui est le père de son bébé ou Didier, Estéban, l’improbable père de l’enfant qu’elle porte.

« Souris puisque c’est grave »

Si Alain Chamfort chantait « Souris puisque c’est grave », Carine Tardieu l’a réalisé et filmé. En effet, ce film aborde, avec humour et finesse, des questions délicates, mais essentielles, sur la filiation et la paternité. Sans proposer de réponses toutes faites, il s’interroge, nous interroge, exposant, avec sobriété, un questionnement qui peut chambouler une vie ou la rendre plus limpide.

Enfin, pour ma part, et contrairement à certaines critiques parisiennes, j’ai trouvé Guy Marchand très attachant et convaincant dans son rôle de père qui a peur de perdre l’amour de ce fils qu’il a élevé, de ce fils qui découvre qu’il n’est pas son géniteur. Un vrai beau rôle plein de tendresse et de retenue, loin des standards habituels d’un crooner! De même, Esteban campe magnifiquement un gars un peu simple d’esprit, mais attachant ; un gars qui surprend tout le monde en assumant ses responsabilités au-delà de ce qu’on en attend. Enfin, Cécile de France, que de chemin parcouru depuis l’Auberge Espagnole et que sa quarantaine la rend rayonnante !

Notons encore les magnifiques images de la Bretagne et la musique de Mozart (l’air de Papageno, dans « La Flute Enchantée ») ou des Barry Sisters. Le tout ajoute au film une ambiance à la fois agréable et décalée.

Bref, un beau film sensible avec des acteurs qui ont les pieds bien campés sur terre, au bord de l’océan, tout en gardant la tête dans les nuages et le cœur ouvert…

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