Ubisoft, « agitateur » d’écosystème numérique à Montréal depuis 20 ans

Au début de l’année, Ubisoft a rejoint la gouvernance de Bleu Blanc Tech, le hub French Tech de Montréal. La start-up franco-québécoise, devenue l’un des leaders de l’industrie du jeu vidéo en 20 ans, veut « redonner » et continuer de stimuler un éco-système numérique montréalais bouillonnant.

Par Nathalie Simon-Clerc

« Au Québec, on a 10 000 emplois au sein des start-up. Il n’y a rien aujourd’hui qui empêche que ce soit 20 000 ou 30 000, il faut aider cet écosystème à éclore », affirme Francis Baillet, vice-président aux Affaires corporatives d’Ubisoft. Le dirigeant a intégré la gouvernance de Bleu Blanc Tech pour aider les start-ups. « Ça rejoint nos valeurs, et puis, on est en mode start-up tous les jours quand on commence un nouveau jeu », justifie-t-il.

Le hub French Tech de Montréal, qui permet d’accélérer la prise de contacts grâce au réseau, compte plus de 150 start-ups qui peuvent s’appuyer sur un réseau local et international. « Une start-up doit se déployer rapidement, réseauter pour se faire mentorer et financer », explique M. Baillet. Il se réjouit de ce bouillonnement numérique montréalais : « Plus il y aura de talents entrepreneuriaux autour de nous, plus les idées seront nombreuses au niveau technologique! ».

Selon lui, c’est ainsi que s’installe ce qu’il appelle « le cercle vertueux » : la volonté d’innover et de prendre des risques. « On a pris des risques pour Assassin’s Creed® et on en prend encore », plaide le dirigeant. Le succès attire les capitaux et les talents. « On devient un pôle d’attraction de talents », note-t-il.

Ubisoft, la start-up devenue grande

La start-up, Ubisoft la connait bien. Elle était l’une d’entre elle il y a 20 ans. « En 1997, Ubisoft a démarré à Montréal avec deux Français descendus de l’avion », rappelle Francis Baillet. Le studio de jeux vidéo, fondé en 1986 en France, compte aujourd’hui 3 000 employés à Montréal et plus de 10 000 dans le monde.

Le succès d’Ubisoft a stimulé l’écosystème et attiré d’autres entreprises comme Warner Bros Games. Francis Baillet reconnait que le Québec est une terre propice faire vivre le numérique, « un pont entre l’Europe et l’Amérique ». Il considère que les Québécois ont « cette culture européenne et cette façon de faire des affaires très américaine ». Selon lui, l’AECG, l’accord économique entre l’Europe et le Canada, va renforcer la mobilité des talents, « le nerf de la guerre! »

Francis Baillet constate qu’en 10 ans, les jeux vidéo sont devenus de véritables réalisations cinématographiques, avec un souci du détail poussé, des acteurs pour la captation des mouvements et un monde imaginaire qui continue de vivre, grâce à l’intelligence artificielle, même lorsque la console est éteinte. « Je n’ose imaginer comment vont évoluer la technologie, la réalité virtuelle, la réalité augmentée et la capacité de l’intelligence artificielle pour recréer un mode réaliste dans les années qui viennent », se met-il à rêver.

Sur ce marché mondial de 100 milliards de dollars US, qui enregistre un taux de croissance de 7 à 10% par an, Francis Baillet constate qu’il y a de plus en plus de joueurs, jeunes et moins jeunes, dont 50% de femmes.

Les métiers de demain dans ce secteur ? « Ils vont suivre la cadence de l’évolution technologique, affirme-t-il, mais pour se donner un maximum de chances demain, il faut apprendre le code très tôt, dans le cursus scolaire ».

(crédit photo: Nathalie Simon-Clerc – Légende: Francis Baillet lors de la réunion Bleu Blanc Tech en février 2017)

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