Transport électrique et partage, une vision commune entre la France et le Québec

Par Maëlle Besnard et Camille Feireisen

Le gouvernement de Philippe Couillard présentera sa nouvelle politique énergétique pour 2016-2025 au Québec cet automne. Pour mieux comprendre les urgences en matière d’énergie, le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, a réalisé une étude complète, détaillant les ressources et la consommation énergétiques au Québec. Il livre aussi quelques recommandations aux usagers.

Dans cette première édition de l’État de l’énergie au Québec, Pierre-Olivier Pineau souhaite s’adresser aussi bien aux acteurs oeuvrant dans le milieu qu’à la population. Et dans ce dossier, le premier cheval de bataille du professeur Pineau concerne les habitudes de transport des Québécois.

Avec 6,19 millions  de véhicules dans la province en 2013, dont 4,5 millions destinés à la promenade, le Québec ne fait pas figure de très bon élève en matière d’économie d’énergie. Premiers fautifs des émissions de gaz à effet de serre, les transports de passagers et de marchandises représentent, à eux seuls, 40% des pertes énergétiques au Québec. Un gaspillage qui pourrait être mieux géré, selon Pierre-Olivier Pineau, qui propose quelques pistes de réflexion.

Développer les alternatives à l’automobile

« Entre 1990 et 2001, le parc de véhicules a augmenté de 41% au Québec, soit trois fois plus que la croissance de la population de la province », selon le rapport de monsieur Pineau. Une des solutions serait de développer les réseaux de covoiturage et d’auto-partage, comme Communauto et Car2go, déjà solidement implantés à Montréal.

Moins coûteuses qu’un véhicule individuel, ces pratiques attirent de plus en plus d’usagers Depuis sa création en 1995, l’entreprise québécoise Communauto est passée de 197 utilisateurs à plus de 30 000 en 2013. En France, le réseau d’autopartage CITIZ rassemble environ 15 000 abonnés.  Et, d’après Pierre-Olivier Pineau, les villes ont tout à gagner à encourager ces modes de transport alternatif, d’un point de vue écologique et économique. De son côté, le gouvernement  québécois encourage l’achat de véhicules électriques depuis 2012, en accordant un crédit d’impôt aux acquéreurs d’un tel véhicule. Passer à l’électrique n’est cependant pas la mesure la plus urgente, ni la plus appropriée, selon Pierre-Olivier Pineau. Il préfère encourager les québécois à modifier leurs habitudes de consommation, notamment concernant les moyens de transport. « Je suis pour la voiture électrique, mais pas à tout prix et pas comme solution à une panoplie de problèmes sur lesquels il est très important d’agir » expliquait-il déjà en 2011 à nos confrères de La Presse. Et de préciser : « La voiture électrique ne règle pas le problème de la nécessité de changer notre type de consommation énergétique. Si on va trop vite, les infrastructures de recharge ne seront utiles et utilisables que dans les banlieues. »

Travailler de concert avec les entreprises françaises ?

À Montréal, le maire Denis Coderre s’est lancé tous azimuts dans la promotion de l’électrification des transports. Dans la même idée, l’entreprise française Bolloré souhaite implanter un système de voitures électriques en libre-service à Montréal, comme celui existant à Paris, Autolib’. Le concept d’électrification de l’entreprise intéresse visiblement le maire de la ville, Denis Coderre, qui a rencontré Bolloré lors de son récent séjour dans la capitale française.

En partenariat avec la Région Aquitaine, Hydro-Québec a annoncé l’ouverture d’une filiale spécialisée dans l’électrification des transports et le stockage d’énergie à Lacq, SCE France, dans les Pyrénées-Atlantiques. Un laboratoire de recherche a été ouvert le 1er janvier 2015. L’objectif : produire des batteries plus compétitives pour permettre, d’ici cinq ans, d’augmenter l’autonomie des véhicules électriques à 500 km. La production devrait être lancée d’ici 2017.

(crédit photo : www.vincentabry.com)

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