Tom Mulcair : ce franco-canadien veut diriger le Canada dès le 20 octobre

Le 19 octobre prochain, Tom Mulcair pourrait peut-être réaliser le rêve de Jack Layton : porter le NPD au pouvoir au Canada à l’issue des élections fédérales. Ce Québécois, franco-canadien, fut ministre libéral à Québec avant de se lancer en politique fédérale avec le NPD, et il aspire aujourd’hui à devenir le prochain Premier ministre.

Il caracole en tête des sondages, surtout au Québec. Si la tendance se maintient, Thomas Mulcair, rebaptisé Tom pour l’occasion, pourrait bien former le prochain gouvernement canadien, et mettre fin à 10 ans de pouvoir conservateur. Québécois de naissance, français par sa femme et canadien par conviction, le député d’Outremont est un homme de caractère. Ses colères sont légendaires, mais à 60 ans, il a lissé son image et a réussi à se glisser dans le costume du chef historique du NPD, Jack Layton, disparu subitement en 2011.

Premier ministre… mais plus français

Français par sa femme Catherine, il a grandi à Laval, dans le grand Montréal, au sein d’une famille nombreuse et bilingue. Il s’exprime avec beaucoup aisance dans les deux langues, celle de Molière et celle de Shakespeare. Inscrit sur les listes électorales consulaires du Consulat de France à Montréal, il a voté régulièrement, jusqu’à ce qu’il devienne chef du Nouveau Parti Démocratique (NPD), parti social-démocrate affilié à l’International socialiste, en mars 2012. On le voyait alors accompagner sa femme Catherine, qui accomplissait son devoir électoral, et expliquer qu’en tant que chef d’un parti politique canadien, il ne souhaitait pas voter dans un autre pays. L’engagement politique est familial puisque Catherine Mulcair fut même, il y a plusieurs années, colistière d’une liste UMP locale aux élections à l’Assemblée des Français de l’Étranger.

DSC_0108Je ne peux pas dire aux Canadiens que je vais garder une double allégeance, même symbolique

Aujourd’hui, dans son livre Le courage de ses convictions, paru en août dernier, Tom Mulcair promet d’abandonner sa citoyenneté française s’il accède au poste de Premier ministre. « C’est un sujet de discussion délicat avec ma femme! », affirme-t-il dans une entrevue avec le magazine l’Actualité. Pour en avoir été témoin, ça l’est aussi avec certains de ses amis français de Montréal. « Je ne peux pas dire aux Canadiens que je vais garder une double allégeance, même symbolique. », justifie le chef du NPD au journaliste Alec Castonguay.

Un libéral social-démocrate passé au NPD

L’accession de Tom Mulcair à Ottawa sonnerait le glas de 10 ans de pouvoir du conservateur Stephen Harper, empêtré dans des indélicatesses financières à répétition, par un entourage peu scrupuleux. Exit la frileuse politique sur les changements climatiques, le soutien inconditionnel à Israël, la loi antiterroriste C-51 ou l’engagement des forces canadiennes contre Daesh ! Tom Mulcair veut plus de justice sociale à l’intérieur, et un Canada mieux considéré à l’extérieur.

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Justin Trudeau, chef du parti libéral du Canada

Le pouvoir, qui avait basculé vers l’ouest canadien plus conservateur avec Stephen Harper, élu de l’Alberta, reviendrait vers le Québec plus progressiste, ou Tom Mulcair concentre la majorité de ses soutiens. Lors des dernières élections fédérales, une vague orange du NPD au Québec l’a propulsé Chef de l’opposition, alors que le pouvoir se résumait à une alternance entre Libéraux et Conservateurs jusqu’à présent. La force tranquille de Thomas Mulcair a même réussi à éclipser le Libéral Justin Trudeau, fils de Pierre-Élliott Trudeau, adulé comme une rock-star mais boudé comme chef de parti. Il se revendique social-démocrate, a désyndicalisé le NPD, le recentre sur l’échiquier politique et grignote l’électorat des Libéraux.

Avocat de formation, Tom Mulcair a commencé sa carrière politique au parti libéral du Québec, et fut ministre provincial de l’environnement de 2003 à 2006. Alors que la COP21 débute dans trois mois, son engagement pour inverser la politique canadienne de lutte contre les changements climatiques ne fait aucun doute. En 2007, il rejoint le NPD de Jack Layton, et devient vite le numéro deux et la caution québécoise du parti progressiste.

Les astres semblent alignés pour le chef du NPD puisque même la conservatrice Alberta, a porté une femme néo-démocrate, Rachel Notley, à la tête de la province en mai 2015. Tom Mulcair compte bien surfer sur cette victoire pour prouver enfin que le NPD sait diriger une province, voire un pays… Réponse le 19 octobre.

(crédit photo : Nathalie Simon-Clerc)

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