Tété au Festival Nuits d’Afrique: soirée festive et pleine d’émotion

Après 13 ans d’absence, Tété est revenu sur les terres québécoises et a offert à son public un spectacle intimiste, au cœur du Club Balattou, petite salle avec un petit bar où tout le monde était serré les uns aux autres et chantait en cœur, à quelques centimètres de l’artiste. Retour sur une belle soirée, humaine et musicale.

Par Léa Villalba

Hier soir, la salle du Balattou était pleine à craquer. Tout le monde est arrivé tôt pour accueillir Tété et profiter du spectacle toute la soirée. Des gens debout, des gens assis, des gens sur les bancs pour mieux voir l’interprète. Malgré quelques problèmes techniques, tournés en dérision et à la blague par le chanteur, la soirée s’est merveilleusement déroulée. Sur la petit scène du Balattou, Tété semblait comme à la maison.

Emu par un tel accueil, il nous a fait partager pendant plus de deux heures son univers, entre nouvelles chansons folk et blues et anciennes, reprises en cœur par toute l’audience. De « l’air de rien » à « l’envie et le dédain » en passant par « fils de Cham », « Dans le meilleur des mondes », « Madeleine », ou encore « A la faveur de l’automne », le poète a interprété tous ces grands titres, repris en cœur par toute la foule, qui se donnait volontairement à tous les jeux de répétitions des « hohoho » , « ah ah ah » et autres rythmes à effectuer avec les mains cette fois !

Très proche des gens dans cette petite salle, il s’est adonné à raconter des anecdotes, à faire part de ses débuts et à blaguer sur ses angoisses, le son de la soirée, ses amis dans le public et a ainsi créée une ambiance amicale et bon enfant où artiste et public semblait s’admirer mutuellement.

Toucher les coeurs par les mots

Les anciennes comme les nouvelles chansons ne mentent pas sur l’humanité du chanteur. Parler du quotidien de façon très humble et poétique est la patte de l’artiste. Le temps qui passe, l’amour, la mélancolie, les yeux pétillants de l’enfance… Tout sujet peut être évoqué par l’artiste, tant que cela lui tient à cœur et le fait rentrer dans un univers, une histoire à conter.

Il a conversé avec le public, décontracté, mais lui a aussi livré tout son monde artistique, le faisant passer du rire aux frissons, de la tendresse à la finesse sonore. La soirée passait d’une chanson rythmée, reprise en cœur et où tout le monde tape dans les mains, à des moments subtils et sensibles avec simplement la voix unique de l’artiste et sa guitare.

Un artiste, et surtout un homme, qui semblait heureux et comblé par son retour, larmes aux yeux après l’ovation du public montréalais. Pour conclure, il a voulu faire « comme il faisait à ses débuts » c’est-à-dire se mettre dans le public, guitare débranché, sans micro et chanter intimement « The sorrow song». Repris peu à peu par l’ensemble de la salle, qui n’arrêtait pas de chanter, il a alors continuer cette soirée hors du temps en proposant une parade, dehors, dans la rue, suivi instantanément par la foule, reprenant en cœur et fredonnant la dernière chanson.

(crédit photo: Festival Nuits d’Afrique)

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