Femme sans enfant, un tabou pour les femmes d’origine afro-américaine

Le 14 février dernier, une quarantaine de femmes de tous âges et de tous horizons se sont retrouvées au restaurant Soupesoup sur la rue Wellington à Montréal, afin de célébrer les femmes sans enfant, dans le cadre du Mois de l’Histoire des Noirs. Une manière originale de fêter la Saint-Valentin, notamment pour la communauté antillaise de Montréal!

Par Tahia Wan

La cause des femmes sans enfant dont traite le blogue de Catherine-Emmanuelle Delisle, a été portée au plus proche de ces femmes lors de cette rencontre si spéciale. « Nous voulions rassembler des femmes qui ont le même vécu et créer un espace d’échange », déclare Catherine-Emmanuelle.

C’est avec l’aide de la fondatrice de l’association FrancoKaraibes, Ania Ursulet, mère de trois enfants (!), que l’évènement a pu remporter un double succès. Les deux femmes ont mis en commun leur talent et leur expertise afin d’offrir une journée sous le signe de la joie et de la bonne humeur. « Mon objectif était d’augmenter la visibilité du blogue Femme sans enfant mais aussi d’organiser une rencontre créative en toute convivialité. », explique Ania Ursulet. De son côté, Catherine Emmanuelle déclare avoir eu « l’idée de publiciser chaque jour, des portraits de femmes noires sans enfants, ayant accomplis des choses extraordinaires. »

Un sujet encore tabou

Le Mois de l’Histoire des Noirs a été l’occasion d’aborder un sujet de société encore tabou. « Aujourd’hui, une femme sans enfant fait encore face à des préjugés et de l’incompréhension », explique Lucile Désirabel qui a participé à l’évènement.

La situation est encore plus délicate pour une femme d’origine afro-américaine. « On attribue souvent à la femme noire beaucoup de sensualité et de fertilité, ce sont des femmes et des mères, le fait de ne pas avoir d’enfant par choix ou circonstances de la vie reste un sujet très tabou », explique Ania qui ajoute que sur le total des participantes, cinq ultra-marines de Martinique, Guadeloupe et de Guyane étaient présentes.

Lors d’un des ateliers créatifs mis en place, plusieurs sentiments ont été évoqués afin d’illustrer leurs expériences. Des mots forts tels que honte, culpabilité, deuil et tristesse ont été utilisés pour illustrer la zone grise. À l’opposé, indépendance, liberté, choix et différence sont ressortis pour exprimer le côté positif de ce statut de femme sans enfant.

Un reportage vidéo de Tahia Wan et Charlotte Lopez :

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