Sondage FrancoKaraïbes : les voix de la France d’outre-mer

L’opération de recensement des Ultramarins installés au Québec, lancée fin octobre par FrancoKaraïbes, s’est clôturée le 8 novembre dernier. À l’issue de ce sondage, un tirage au sort récompensait l’un des participants.

Par Sarah Laou

C’est Salomé Fondelot, une étudiante française originaire de la Martinique, qui s’est vue remettre un panier-cadeau des mains de la directrice de l’association, Ania Ursulet, dans les locaux de Diversité artistique de Montréal (DAM), ce mercredi matin.

Deux des partenaires de l’opération étaient présents : Jérôme Pruneau, directeur de DAM et acteur majeur de la promotion de la diversité culturelle au Québec, ainsi que Maude Lafrance, directrice de l’Académie Internationale Compétence Beauté.

À la rencontre d’une communauté peu représentée

« Kombyen nou yé ? (combien sommes-nous ?) », demandait FrancoKaraïbes dans ce sondage adressé aux populations originaires des départements d’outre-mer : Martinique, Guadeloupe, Réunion et Guyane. Une démarche ambitieuse qui avait pour objectif de mettre le projecteur sur cette frange de la population française bien souvent méconnue du public québécois. Développée dans le cadre du mois du Créole 2015, l’enquête, publiée sous forme de questionnaire en ligne, visait également à « fédérer une communauté difficile à identifier », selon la porte-parole de l’organisme. En effet, aucune statistique n’existe sur les Ultramarins du Canada.

Un nouvel attrait des Français d’outre-mer pour le Québec ?

Salomé Fondelot, 20 ans, gagnante du tirage au sort, fait donc partie de cette nouvelle vague migratoire antillaise attirée par les nombreuses perspectives qu’offre la province. Étudiante au baccalauréat Génie chimique à Polytechnique, la jeune femme vit depuis deux ans à Montréal.
« J’avais vraiment envie de poursuivre mes études supérieures ailleurs qu’en métropole, explique l’étudiante. Aux Antilles, la plupart des gens sont tournés vers la France et n’envisagent pas toutes les possibilités qui s’offrent à eux. Peut-être par manque de moyens, mais aussi, je crois, par habitude », conclut-elle.
Pour cette future ingénieure spécialisée dans le domaine de l’environnement, ses études lui auront pourtant couté moins cher au Québec qu’en France. En effet, si les universités françaises sont gratuites, les grandes écoles restent peu accessibles et onéreuses. En outre, Salomé a pu bénéficier d’une aide aux études grâce à la convention Martinique-Québec sur la mobilité étudiante. Ainsi, ce développement de partenariats avec les universités québécoises francophones pourrait bien changer la donne. À l’instar de Salomé, de plus en plus de jeunes franco-caribéens seraient séduits par des études supérieures au Québec, comme en témoigne l’article du journal martiniquais France-Antilles, paru le 5 décembre dernier.

« FrancoKaraïbes : un porte-voix et un trait d’union »

Selon Ania Ursulet, si l’association souhaite promouvoir ce patrimoine ultramarin, elle a d’abord une vocation interculturelle. «FrancoKaraïbes est un porte-voix et un trait d’union entre la France d’outre-mer et le Québec, explique-t-elle. La notion de partage est très importante, car il ne s’agit pas de se refermer dans nos communautés ; bien au contraire, le but est de s’ouvrir, de diffuser, de faire rayonner… », ajoute l’entrepreneure française d’origine martiniquaise et mère de trois enfants. Pour cette ex-directrice Marketing, qui s’est installée au Québec en 2011, la France d’outre-mer a toutefois un besoin croissant de se connaitre, se reconnaître et se connecter. Alors, depuis la création de l’association en 2013 et avec l’aide de bénévoles, Ania ne chôme pas. Elle multiplie les partenariats et les nouveaux membres, s’impliquant dans différents projets à visées artistiques, culinaires, ethno-historiques ou encore socio-économiques. Mais aussi, en mettant à profit ses talents de comédienne et de conteuse avec notamment la création des ateliers « Noël en conte et chocolat » proposés à Montréal et à Québec au début de ce mois.  L’association s’est aussi vue inviter à la mairie de Montréal, aux côtés de Denis Coderre, en octobre 2014, pour célébrer en musique le lancement du Guide du nouvel arrivant à Montréal.

Lauréate du prix Hommage aux femmes 2016, Ania Ursulet a été sélectionnée pour son implication dans le milieu culturel. Toujours prête à relever de nouveaux défis, elle travaille actuellement sur un projet de festival autour de la célébration du Gwo Ka – pratique musicale traditionnelle caribéenne – reconnu en 2014 comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Pour plus de renseignements sur les événements à venir : http://www.francokaraibes.ca

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