Sommet Vivre Ensemble : de Paris à Montréal, déradicaliser par la ville

Par Jacques Rivard

Comment éviter des actes de violence comme les attentats contre Charlie Hebdo à Paris, contre des militaires à Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa, tout comme à Sydney et Bruxelles ? C’est la réflexion à laquelle se sont livrés à huis clos les maires de 23 villes du monde dont Paris, Île-de-France, Bamako, Washington, Hiroshima, qui viennent de répondre à l’invitation du maire Denis Coderre à Montréal au premier Sommet Vivre ensemble.

Le 11 juin dernier, le Conseil des Relations Internationales de Montréal (CORIM), recevait la maire de Paris, Anne Hidalgo, avec la participation de la mairesse de Washington, Muriel Bowser et du maire de Montréal, Denis Coderre, sur le thème « Libres ensemble », devant plus de 200 convives. Ce déjeuner-causerie prenait place dans le cadre du Sommet Vivre Ensemble, des 10 et 11 juin 2015.

Denis Coderre écoute Anne Hidalgo
Denis Coderre écoute Anne Hidalgo

La radicalisation de la jeunesse, voilà le principal responsable d’une telle violence qui peut frapper partout « dans les villes cosmopolites qui doivent composer avec des populations aux origines et croyances diverses », a précisé le maire de Montréal, Denis Coderre.

Inclusion sociale, cohabitation, sécurité, emploi, telles sont les premières pistes explorées au Sommet de Montréal pour contrecarrer les frustrations d’une jeunesse en instance de se radicaliser.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, croit qu’il est urgent « d’aspirer à la paix sociale, de combattre les inégalités entre leurs citoyens et ainsi les rejoindre bien avant qu’ils ne se radicalisent ». Madame Hidalgo a déjà une proposition à offrir pour réduire les pressions entre riches et pauvres dans les grandes agglomérations. L’éducation est selon cette dernière une des clés visant à réduire les différences entre groupes bien et moins bien nantis.

Anne Hidalgo en conférence au CORIM
Anne Hidalgo en conférence au CORIM

Ainsi, à Paris, on a décidé d’ouvrir les écoles les samedis, pour que les enfants puissent continuer d’être bien entourés en s’amusant, en travaillant ensemble.

Alors que sa vis-à-vis de Washington, Muriel Bowser, propose une augmentation du salaire minimum, des emplois aux jeunes déconnectés et mécontents, des résidences aux sans-abris, le maire de Montréal, Denis Coderre, parle d’une meilleure accessibilité des équipements sportifs et culturels aux groupes défavorisés.

De son côté, le maire Régis Labeaume de Québec, veut briser l’isolement urbain en proposant plus d’espaces de rencontres que sont les espaces publics, tels les parcs.

Régis Labeaume, maire de Québec
Régis Labeaume, maire de Québec

À l’issue de cette première rencontre de deux jours, les maires ont signé la « Déclaration de Montréal », qui prévoit la création de l’Observatoire international des maires sur le Vivre ensemble, qui sera basé à Montréal et dirigé par l’ancien ambassadeur canadien Raymond Chrétien.

L’Observatoire travaillera en collaboration avec les centres de recherches tels les universités, avec la participation des grandes agglomérations du monde sur une base volontaire. Le prochain Sommet Vivre ensemble est prévu dans deux ans à Casablanca au Maroc.

(crédit photo : Nathalie Simon-Clerc)

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