Alors que Ségolène Royal plaide la cause du climat à Montréal, le monde répond OUI

Par Jacques Rivard

Ces derniers jours, le dossier de la lutte aux changements climatiques a connu des avancées intéressantes au Québec, en Allemagne, en Italie.

Le reportage de Nathalie Simon-Clerc sur la visite de Ségolène Royal au Québec, à la fin de l’article

Urgence climat, à Montréal c’est OUI

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Philippe Couillard et Ségolène Royal

À Montréal, le Forum Économique International des Amériques a fait une place de choix au dossier du climat lors de sa conférence « Bâtir une Économie Équilibrée ». D’entrée de jeu, dans sa déclaration du programme de la rencontre, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, « …s’est réjoui de l’importance accordée aux changements climatiques, …en route vers un accord (à Paris en décembre) qui doit reconnaître l’apport des États fédérés et des régions ». Et des grandes villes du monde, a poursuivi le maire de Montréal, Denis Coderre, en précisant que sa ville, « reconnue pour sa qualité de vie exceptionnelle », doit pouvoir, comme les grandes agglomérations du monde, participer aux décisions sur le climat au même titre que les provinces et les pays. Une proposition soutenue par la ministre française de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, Ségolène Royal, pour qui « le réalisme économique est devenu indissociable de la lutte contre les changements climatiques. »

Michaelle Jean, Secrétaire générale de l'OIF
Michaelle Jean, Secrétaire générale de l’OIF

Pour Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, le monde francophone est « un laboratoire de l’état de la planète, …les changements climatiques, c’est déjà maintenant. »

Urgence climat, en Allemagne c’est OUI

Pendant ce temps en Allemagne, dans un château de Bavière, les leaders réunis au sommet du G7 ont reconnu l’urgence d’agir pour limiter les dégâts des changements climatiques annoncés en adoptant une proposition visant la réduction de 40 à 70 pour cent des émissions de carbone en 2050, alors que la chancelière Angela Merkel parlait d’une élimination complète du carbone dès 2050. Selon la Presse Canadienne, le Canada et le Japon ont bloqué les tentatives d’en arriver à des cibles plus contraignantes de réduction des GES, les gaz à effet de serre. Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a tout de même dû conclure que « le secteur de l’énergie du Canada devra se transformer pour réduire ses émissions de GES à long terme ». Selon Environnement Canada, les émissions canadiennes de GES ont repris leur croissance régulière depuis leur ralentissement dû à la récession de 2008-2009. Les écologistes montrent du doigt la production accélérée de pétrole à partir des champs de sables bitumineux de l’Alberta. Le Fonds monétaire international nous apprend d’autre part « que les subventions mondiales consacrées au secteur des énergies fossiles devraient dépasser les 5300 milliards de dollars en 2015, alors que celles attribuables aux coûts des changements climatiques sont évaluées à 1268 milliards pour cette année. »

80% de l’opinion publique mondiale préoccupés par le dérèglement climatique

Urgence climat, en Italie c’est OUI

D’autre part, le Pape François a déclaré être convaincu que le réchauffement planétaire était en grande partie le résultat de l’activité humaine, et a dit souhaiter des décisions courageuses aux négociations sur le climat COP 21 en décembre à Paris, « pour protéger les créations de Dieu. » Le Pape faisait cette déclaration en route pour les Philippines pour y rencontrer entre autres des survivants du typhon Hainan de 2013, des conditions météorologiques extrêmes que le gouvernement local attribue au réchauffement planétaire. Selon le pape François, l’Homme a frappé la nature en plein visage, en a pris le contrôle.

Urgence climat, pour le monde c’est OUI

Enfin, l’industrie se prononce en faveur d’une tarification mondiale unique du carbone. C’est ce que propose Gérard Mestrallet, pdg de la multinationale de l’énergie Engie, autrefois GDF Suez, citant en exemple les initiatives en la matière du Québec, de la Californie et sept projets en Chine. Et l’opinion publique dans ce dossier n’est pas en reste puisque près de 80 pour cent des personnes interrogées lors d’un débat sur le climat dans 79 pays se disent très préoccupées par les impacts du dérèglement climatique.

(crédit photo : Nathalie Simon-Clerc)

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