Salon L’Évènement Carrières 2018 : 2 000 emplois en région, 6 000 emplois « urbains » !

C’est au Palais des Congrès de Montréal qu’a lieu le coup d’envoi, le 24 octobre prochain, de L’Évènement Carrières, l’un des plus importants salons de recrutement au Québec. En pleine expansion depuis quelques années, l’évènement attire de plus en plus d’employeurs venus des régions. Une situation révélatrice des besoins criants en main-d’oeuvre qui se font sentir un peu partout au Québec. À dix jours de l’ouverture du salon, L’Outarde libérée s’est entretenu avec le président et fondateur de L’Évènement Carrières, Éric Boutié, pour décrypter la situation de l’emploi en région.

Entrevue recueillie par Sandrine Bourque

L’Outarde libérée: En quoi consiste L’Évènement Carrières ?

Éric Boutié: Le salon L’Évènement Carrières, qui a lieu deux fois par année – au printemps et à l’automne -, est le plus important salon de l’emploi et de la formation continue au Québec. Spécialisé dans certains secteurs d’activité tels que la technologie, l’ingénierie, les finances ou l’aérospatial, le salon s’adresse aux personnes à la recherche d’un emploi, mais aussi à celles qui souhaitent suivre une formation professionnelle pour se perfectionner ou réorienter leur carrière. Des dizaines d’entreprises et d’établissements de formation viennent y recruter des candidats. La prochaine édition sera de loin la plus importante, avec plus de 220 exposants présents et près de 6 000 postes à pourvoir. Nous attendons d’ailleurs jusqu’à 10 000 visiteurs sur deux jours, un record par rapport à nos éditions précédentes.

L’Outarde libérée : Quels types d’emplois seront offerts aux visiteurs ?

Éric Boutié: De nombreux secteurs d’activités sont représentés lors du salon, qui est divisé en six espaces thématiques. On retrouve des employeurs issus du secteur manufacturier, mais aussi du secteur de la finance, des banques et des assurances, de l’aérospatial, de l’hôtellerie et la restauration, du transport ou encore du commerce de détail. De nombreuses entreprises spécialisées en génie et en TI seront également présentes, sans oublier les recruteurs de la fonction publique fédérale et provinciale ainsi que des principales commissions scolaires du Québec, qui seront sur place durant tout le salon.

L’Outarde libérée: Il y a du nouveau lors de cette édition de L’Évènement Carrières : un pavillon entièrement dédié aux régions du Québec. Que pourront y retrouver les participants au salon ?

Éric Boutié: Il s’agit d’un pavillon qui sera représenté par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), une organisation regroupant huit chambres de commerce régionales situées hors de Montréal. Ce pavillon a été mis sur pied dans le cadre du programme Un emploi en sol Québécois, un programme de recrutement et d’intégration en emploi des personnes immigrantes qui a été créé cette année par la FCCQ en partenariat avec le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, et qui sera d’une durée de trois ans.

Grâce à ce programme, c’est près de 2 000 emplois en région – en plus des 6 000 postes déjà annoncés – qui seront offerts lors de notre salon par le biais des chambres de commerce présentes, qui représenteront au total 200 entreprises.

L’Outarde libérée: Les régions occupent-elles une place importante dans vos salons de recrutement ?

Éric Boutié: Les régions étaient beaucoup moins présentes au salon il y a quatre ou cinq ans qu’elles ne le sont aujourd’hui. Cette situation est liée à la pénurie de main-d’oeuvre qui s’observe dans plusieurs régions du Québec et dans plusieurs secteurs de l’économie. Depuis trois ans seulement, nous avons observé une nette augmentation de la présence d’employeurs régionaux : notre salon a connu une croissance d’environ 30% sur cette période, ce qui est considérable ! Lors de la dernière édition, il y avait 180 exposants présents sur place. Cette fois-ci, il y en aura plus de 220. Cette dynamique est appelée à prendre de l’ampleur dans les prochaines années avec l’augmentation de la demande de main-d’oeuvre au Québec.

L’Outarde libérée : Comment expliquer la présence croissante des régions dans le processus de recrutement de la main-d’oeuvre ?

Éric Boutié: Cela fait presque dix ans que nous sommes conscients qu’une pénurie de main-d’oeuvre plane sur l’économie du Québec, surtout dans les régions éloignées. Mais c’est depuis deux ou trois ans seulement que la problématique du recrutement a fait l’objet d’une réelle prise en charge par les élus et les acteurs locaux, notamment les entreprises et les chambres de commerce. Comme elles n’ont pas suffisamment de main-d’oeuvre dans leurs bassins locaux, les régions se tournent de plus en plus vers les centres urbains pour répondre à leurs besoins. Certaines entreprises vont même recruter à l’étranger depuis quelques années, notamment en France, en Tunisie ou au Brésil. Les régions doivent être proactives, prendre des initiatives et développer des programmes ambitieux si elles veulent répondre au défi de l’emploi.

L’Outarde libérée : Quel rôle l’immigration peut jouer pour répondre à la pénurie de main-d’oeuvre en région ?

Éric Boutié : Il est clair que l’immigration est une réponse nécessaire à la pénurie de main-d’oeuvre et qu’elle aura un rôle central à jouer dans la revitalisation économique des régions. Plusieurs entreprises en région comptent carrément sur le recrutement de nouveaux arrivants pour continuer à fonctionner, faute de quoi elles doivent ralentir leur production. D’ailleurs, c’est plus de 50 % des visiteurs du salon L’Évènement Carrières qui sont des nouveaux arrivants. Il est donc indéniable que l’immigration est un important vivier de recrutement pour les entreprises, et celles-ci en sont conscientes.

L’Outarde libérée : Outre l’immigration, sur quoi doivent miser les entreprises régionales pour répondre aux défis en matière de main-d’oeuvre ?

Éric Boutié : L’immigration est une solution parmi d’autres. Il est aussi important de freiner l’exode des jeunes vers les villes. Nombre d’entres eux quittent leur région pour étudier et ne reviennent pas au terme de leur formation, faute d’emplois disponibles. La Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent, entre autres, sont des régions très touchées par cette réalité. Les entreprises doivent proposer des emplois plus adaptés et attractifs pour les nouveaux diplômés. La conciliation travail-famille, un critère important pour les jeunes dans leur choix de carrière, peut ainsi être un moyen intéressant de les attirer en région.

Une autre solution intéressante est de favoriser l’emploi des personnes âgées de 55 ans et plus. Bon nombre d’entres elles sont encore actives et souhaitent continuer à travailler, mais elles veulent avoir des horaires adaptés. Là aussi, il y a un bassin de main-d’oeuvre intéressant pour les entreprises régionales. Une chose est sûre : les entreprises et les régions doivent prendre en considération les besoins de ces clientèles spécifiques et leur offrir des conditions de travail adaptées si elles veulent réussir à les attirer en région.

Le Salon L’Évènement Carrières a lieu les 24 et 25 octobre prochain au Palais des Congrès de Montréal.

Pour participer au salon, vous pouvez vous inscrire gratuitement sur le site web d’Évènement Carrières.

Une application Swap Card sera également lancée à l’occasion du salon afin de faciliter les interactions entre exposants et visiteurs.

Une réponse

  1. Marie-Odile Pinet
    Marie-Odile Pinet at |

    Bonjour,

    cette précision au texte de madame Bourque sur le Salon l’Évènement Carrières.
    La Fédération des chambres de commerce du Québec fédère plus de 130 chambres de commerce sur tout le territoire québécois. Toutefois, il est vrai que son projet Un emploi en sol québécois, pour sa seconde phase sera déployé dans huit régions, toutes des régions en situation de plein emploi.

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