Au Revoir là-haut, le joyau d’Albert Dupontel

Lors de son édition 2017, le festival Cinémania présentait le film Au Revoir là-haut, d’Albert Dupontel. Un petit bijou à retrouver dans les salles à partir du 22 décembre.

Par Manon Lefevre-Mons

On connaît bien l’univers un peu farfelu, féerique du réalisateur et acteur Albert Dupontel. Pour ce nouveau long métrage, il met en images le roman de Pierre Lemaitre, qui dévoile la vie de deux rescapés de la Première Guerre mondiale. Ne trouvant plus leur place dans la société, se sentant délaissés, ils décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Les deux personnages principaux, campés par Albert Dupontel lui-même, et Nahuel Perez Biscayart (découvert dans le film 120 battements par minutes), sont touchants et liés par un passé, un présent et un futur en commun.

Édouard (joué par N.Perez Biscayart) s’est vu défiguré par un éclat d’obus pendant la guerre. Un traumatisme physique, certes, mais aussi psychologique. Officiellement mort pour l’État, Édouard jouera de son art pour créer ses propres masques. Des masques d’une poésie incroyable, qui permettent au personnage de dévoiler ses émotions, sans mots.

Au Revoir là-haut n’est pas qu’un film visuellement irréprochable, il est aussi interprété avec justesse, sans trop de sentiments, avec assez de folie. La folie est un mot qui décrit assez bien l’univers d’Albert Dupontel, dans lequel, petits comme grands peuvent trouver leur bonheur. Dans ce dernier film, les émotions sont justes, pas trop larmoyantes. Les dialogues sont rares, mais puissants. Il n’y a pas vraiment de bémol à cette réalisation, ou peut-être simplement de ne pas accorder un soupçon d’importance à certains personnages. Mais là encore, ce serait juste pour pinailler, et trouver quelque chose à redire.

Finalement, on pourrait retenir l’aspect politique de ce film, qui derrière une belle histoire d’amitié et de reconstruction, dévoile la malhonnêteté d’entreprises après la guerre. Celles qui ont fait de l’argent sur le dos de soldats morts au combat, celles qui pour l’appât du gain, ont oublié l’humain. Mais on note aussi l’abandon de la société française après guerre. Dans le souci de célébrer le dévouement de ceux qui ont perdu la vie, on en oublierait presque ceux qui vont vivre avec des séquelles, des blessures physiques et morales. Un combat important, qui va bien au-delà des tranchées.

Au Revoir là-haut est un film à ne pas manquer. En salle au Québec à partir du 22 décembre.

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