Rêveurs définitifs : de l’émerveillement, entre tradition et modernité

Dans le cadre du fameux festival Juste pour Rire, plusieurs artistes se sont réunis pour construire une soirée franco-québécoise sur le thème de la magie. Ecrit par Éric Antoine, Clément Debailleul, Yann Frisch et Etienne Saglio, le tout a été mis en scène par Raphael Navarro et présente neuf numéros, tous très différents, pour ravir les yeux du public du théâtre St-Denis. Une soirée mystérieuse, parfois presque irréelle qui nous fait retomber en enfance !

Par Léa Villalba

Du rire…

Les artistes ont pu dévoiler au cours de cette soirée toute la diversité de l’art de la magie et toutes les formes qu’il peut prendre. On a pu découvrir (ou redécouvrir) les formes classiques de la magie avec Mick Holsbeke qui s’est adonné à deux reprises à un numéro de clown un peu maladroit, un peu perdu, qui fait disparaître et apparaître des balles, les multiplie, les perd, les sors par sa bouche.

Ce dernier s’est allié à l’incisif Gabriel d’Almeida Freitas pour célébrer l’art des cartes et de la magie de proximité (c’est-à-dire proche du public) durant un « entracte » assez originale où il n’était pas question de faire une pause comme à l’habitude mais plutôt de participer aux tours et aux blagues des deux magiciens.

Enfin, Gabriel d’Almeida Freitas a aussi joué avec un classique du cirque, la marionnette, en animant un petit ressort, très mignon soit-dit en passant. La petite chose devait évoluer en effectuant de nombreuses performances artistiques pour plaire au public, au risque de se faire violemment réprimander par son maître, clown quelque peu tyrannique et sadique.

Des rires aux éclats ont été entendus durant toute la soirée, mais aussi des moments qui suspendaient le temps grâce à leur poésie…

… à la poésie

Les artistes ont voulu repousser les limites et prouver qu’en 2017, tout est possible en magie. Ils ont alors exposé au public des numéros uniques et modernes qui misaient sur la technologie, la modernité, tout en gardant l’aspect enfantin, touchant et parfois loufoque de la magie.

Léonie St-Onge a fait frissonner la foule. Dans le noir complet, elle apprivoise une bestiole lumineuse qui se balade au-dessus des têtes. Les gens la suivent du regard, s’interpellent et paraissent bouche bée. L’artiste la contrôle mais on ne sait pas comment. Elle semble réellement voler et prendre ses propres décisions, choisir ses directions. Après le lyrisme de l’envolée, la magicienne se fait attaquer par sa création et s’enchaîne ainsi une bataille épique où l’épée côtoie la magie, comme dans un film.

La modernité a aussi amené la technologie futuriste. Gabriel d’Almeida Freitas et Léonie St-Onge ont perturbé l’esprit du public en mettant sur scène des hologrammes. Stupéfaction, étonnement et réelle nouveauté pour le monde de la magie. Personnages réels ou doublures, tout une réflexion philosophique sur le début de l’imagination et la fin du réel.

A trois reprises, on a aussi pu suivre les pas d’Ingrid Estarque, danseuse, entre mouvements saccadés et fluidité, jusqu’à ce qu’elle… quitte le sol ! La faible visibilité du fil n’enlevait en rien la magie du moment et a permis aux spectateurs de voir de plus près une danse légère et imaginaire.

Une soirée pleine de subtilités, de découvertes et évidemment de magie, qui a ravi le public montréalais et qui continuera à l’émerveiller jusqu’au 29 Juillet.

Réservations: www.hahaha.com/fr/show/reveurs-definitifs-un-voyage-dans-lirreel

(crédit photo: festival Juste pour rire)

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