La réinsertion sociale par l’opéra de rue

Montréal, le 21 novembre – Le Sac à dos et l’Opéra de Montréal ont dévoilé, le 3 novembre dernier, un projet innovant favorisant l’insertion sociale des personnes itinérantes par l’opéra. C’est grâce à l’organisme Sac à Dos, présidé par le franco-québécois Frank Béraud, que le projet « Opéra de rue » a vu le jour.

Ce projet consiste en un échange créatif entre des personnes itinérantes et des artistes par la voie d’ateliers d’initiation à l’opéra et de création d’une œuvre présentée à la Cinquième Salle de la Place des Arts le 15 mai 2017. La soprano québécoise réputée Marie-Josée Lord a accepté de soutenir le projet et de participer à l’événement final. Le processus du projet de création se décline en trois actes:

  • 1er acte : initier les personnes qui ont vécu une situation d’itinérance à tous les aspects de l’opéra (histoire, chant, mise en scène, scénographie, régie, livret et musique)
  • 2e acte : les faire participer aux étapes de la réalisation d’une œuvre courte
  • 3e acte : présenter le résultat en situation réelle et se joindre, si elles le désirent, à l’équipe de scène ou encore comme figurants ou choristes voire solistes lors de la représentation.

Pour Pierre Vachon, directeur Communication, communauté et éducation de l’Opéra de Montréal, « l’engagement communautaire fait partie de notre mission en ce qu’il permet un rapprochement avec des groupes qui n’ont pas nécessairement accès à notre art. Nous croyons vivement que l’art est porteur d’espoir.» De son côté, Frank Béraud, président du Conseil d’administration du Sac à Dos, a exprimé sa confiance en cette association, convaincu que l’échange et l’expérience vécus d’une part, par les professionnels de la scène et d’autre part, par les personnes du programme de réinsertion sociale et économique du Sac à Dos, favoriseront une ouverture et un changement de regard à l’égard des personnes ayant vécu ou vivant une situation d’itinérance, brisant ainsi les stéréotypes en les identifiant désormais comme des citoyens à part entière. Citant Sylvain, un participant au projet, « L’opéra c’est marginal. Nous, on est des marginaux. J’ai hâte de voir la rencontre entre ces deux marginaux.» Selon Frank Béraud, ce commentaire illustre bien le désir de rapprochement, d’échanges et de changer la perception des participants à l’égard de la société, constatant qu’il existe des personnes ouvertes et solidaires de leur condition.

(source: Opéra de Montréal & Sac-à-Dos)

(crédit photo: Nathalie Simon-Clerc)

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