Ramzi Sfeir : La Croix-Rouge canadienne au front

Ramzi Sfeir, citoyen français vivant à Montréal, s’implique avec la Croix-Rouge canadienne depuis plus de deux ans, encore plus depuis que l’organisation est en première ligne face à la Covid-19. S’il salue la mise en place de la PCU et la qualité de la communication du Consulat de France, Ramzi s’inquiète pour ses concitoyens, notamment les plus isolés.

Suite au report des élections consulaires en raison de la Covid-19, Ramzi Sfeir, tête de liste EELV, a vu son quotidien bouleversé. Un coup dur pour celui qui aime être au contact des gens, mais qui a néanmoins vu sa charge de travail augmenter au sein de la Croix-Rouge canadienne. « J’occupe habituellement le poste de conseiller aux relations avec les partenaires, je fais le lien en philanthropie avec les entreprises, les corporations, les organisations ou encore les gouvernements. On s’assure de connecter les acteurs les uns aux autres et de passer à l’action avec eux », détaille Ramzi Sfeir.

Ramzi Sfeir au service des sinistrés

Les rôles de chacun au sein de la Croix-Rouge canadienne se sont variés avec la charge de travail supplémentaire. « Nous sommes mis à contribution dans des rôles polyvalents et nous occupons plusieurs casquettes. On travaille très dur depuis le début de la crise », indique Ramzi Sfeir. En effet, dès l’éclosion au Canada de la Covid-19 et les premières mesures prises par les gouvernements provinciaux et fédéraux, la Croix-Rouge locale est montée au front en administrant un Programme d’aide temporaire aux travailleurs (PATT), encore en vigueur aujourd’hui. « Cette aide est destinée aux travailleurs contraints de se placer en isolement, à hauteur de près de 500 dollars par semaine, pour une ou deux semaines. Nous avons distribué quelques plusieurs millions de dollars en provenance du programme gouvernemental et ce dans les premières semaine », explique Ramzi Sfeir. « Nous sommes tous touchés par cette crise, nous sommes une organisation humanitaire qui aide d’autres sinistrés », insiste-t-il. Pour anticiper le manque de place dans certains hôpitaux québécois en région, la Croix-Rouge canadienne a notamment construit un hôpital mobile en 24 heures à Lasalle, pouvant accueillir 40 patients. L’organisation a également fait venir au Canada des experts en santé mondiale, qui ont notamment connu Ebola, qui sont d’une aide précieuse sur le terrain.

Les différents services proposés habituellement par la Croix-Rouge canadienne n’ont pas cessé, mais leur fonctionnement ont dû être revus, notamment en ce qui concerne la gestion des petits sinistres domestiques. « Nous offrions ces services face à face, mais nous avons dû nous adapter et désormais, il se font à distance pour la plupart ou en respect des consignes de l’Agence de la santé publique du Québec. Nous sommes malgré tout satisfaits de nos actions, nous arrivons à faire en sorte que les personnes, peu importe leur situation, se sentent moins vulnérables », souligne Ramzi Sfeir.

Crédit photo : Croix-Rouge Canadienne

Inquiétude pour les retraités français vivant au Canada

Français de l’étranger, Ramzi est aussi impliqué socialement à hors de son travail à la Croix-Rouge, avec ses colistiers, il s’inquiète du sort de ses compatriotes, plus particulièrement des retraités déjà isolés. « Ils sont nombreux dans la communauté française au Canada, notamment des anciens combattants qui ont connus les horreurs de la guerre. Ils se retrouvent seuls à faire face à la pandémie. si nous avons leur contact, nous essayons de les joindre pour des appels de courtoisie », rassure-t-il. Ramzi Sfeir met également en avant de nombreuses interrogations quant aux Français qui vivent au Québec en résidence temporaire (PVT, ou autre) et dont le permis expire bientôt, les étudiants ou, entre autres, les femmes enceintes qui se demandent si les visites de suivi sont toujours d’actualité. « Nous n’avons pas toutes les réponses à nos questions, mais cela va prendre du temps de réfléchir à tous les cas. Quoi qu’il en soit, je salue le travail de Sophie Lagoutte, consule générale de France à Montréal. Depuis le début de la crise, elle envoie des messages rassurants, reprenant le strict minimum de ce qu’il fallait savoir sans se perdre dans des détails inutiles ou quelconque forme de propagande », note Ramzi Sfeir.

Bien que l’actualité politique soit mise entre parenthèses avec l’éclosion de la Covid-19 qui a vu les élections consulaires reportées, Ramzi Sfeir reste en contact régulier avec les membres de sa liste et les autres candidats partageant des opinions communes. « Nos sommes un peu dans l’expectative, nous attendons des réponses, mais nous allons devoir prendre notre mal en patience. Nous profitons de cette pause pour réfléchir et améliorer nos propositions. Nous avons décidé de ne pas envoyer de message aux citoyens pour ne pas encombrer leurs boites de courriel pendant cette crise, nous ne voyons pas l’intérêt de répéter ce que disent déjà les autorités compétentes », argue la tête de liste EELV.

Une PCU qui fait du bien

Ramzi Sfeir salue également l’initiative du gouvernement canadien avec la mise en place, très tôt dans la crise, de la Prestation canadienne d’urgence (PCU), « un début de revenu universel » accessible aux citoyens canadiens et aux résidents étrangers remplissant diverses conditions. « Cela a permis à de nombreuses personnes, y compris françaises, de sortir de situations délicates et de compenser les pertes de revenus. Elle s’est adaptée au fur et à mesure pour être aujourd’hui accessible aux étudiants et aux auto-entrepreneurs », rappelle Ramzi Sfeir. L’ancien étudiant toulousain s’inquiète toutefois de la situation de certains compatriotes n’étant pas admissibles à ces aides. « Une toute petite aide, d’une centaine d’euros, leur a été allouée par le gouvernement Français. C’est mieux que rien bien évidemment, mais il est important de soutenir ces personnes à sortir de la crise la tête haute et avec le moins de dégâts possible », précise-t-il.

« Pour faire face à l’après crise, nous allons devoir nous serrer les coudes en tant que communauté et en tant que nation. Nous devons inciter les pouvoirs publics à épauler les plus faibles, mais à nous aussi, citoyens, de prendre une partie de la responsabilité et de poser des gestes de solidarité envers les ainés, les personnes vulnérables et envers celles et ceux qui ont en le plus besoin. Nous pouvons nous permettre de réfléchir différemment, de prendre les devants pour défendre notre environnement, notre culture, notre patrimoine et nos services publics », revendique Ramzi Sfeir – tout en soulignant la qualité des personnes travaillant dans le réseau diplomatique français.

Romain Lambic

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