Ramzi Sfeir : « Au PS, nous voulons également être des acteurs sociaux ! »

Le Secrétaire de la section du parti socialiste (PS) de Montréal est devenu le numéro 2 de la Fédération des Français de l’étranger (FFE) le mois dernier. Aux commandes de la coordination à l’étranger du parti de François Hollande, Ramzi Sfeir vise déjà les prochaines échéances électorales.

« Nous avons beaucoup de choses à mettre en place, mais nous voulons le faire rigoureusement », explique Ramzi Sfeir. Ce trentenaire, bien connu de la communauté française montréalaise, a été réélu à la tête de la section de la métropole, et devient également l’homme chargé de la coordination des sections du parti socialiste à l’étranger. « C’est un nouveau défi, qui implique beaucoup de déplacements, mais on avance ! », assure-t-il. Il devra mettre en œuvre sur le terrain, la politique impulsée par Boris Faure, le 1er Secrétaire de la FFE.

La République doit défendre ses citoyens partout

Ce battant, au parcours atypique, n’a pas trainé en besogne, puisqu’il a déjà créé une section socialiste en Palestine. « Pour que les franco-palestiniens soient représentés, puisqu’ils ne le sont pas par Meyer Habib, pourtant député de la République », assène le jeune responsable. Ramzi Sfeir connaît particulièrement ce coin du monde, puisqu’il y a passé sa jeunesse. « J’allais illégalement à l’école française », révèle-t-il. Boursier d’excellence du Ministère des Affaires Étrangères (MAE), il est ensuite diplômé de Sciences-Po en France. S’il avoue avoir vécu l’humiliation en Palestine, notamment lorsqu’il se rendait à la Basilique de la nativité de Bethléem à Noël, il assure n’en avoir développé ni haine, ni traumatisme. C’est ainsi qu’on le retrouve aux côtés de la communauté juive de Montréal, à la synagogue Beth Israël Beth Aaron, le 11 janvier dernier pour rendre hommage aux victimes de l’Hyper-Casher.

Même si la majorité des Français de ce coin du monde se trouvent en Israël, le numéro 2 de la FFE du PS veut que « la République défendent ses citoyens partout ». Il évoque les permis que les citoyens franco-palestiniens doivent demander à Israël pour se rendre à Ramallah, pour voter lors d’une élection française. Il est aussi en train de créer une section en Jordanie.

« On veut aussi être des acteurs sociaux! »

Mais c’est également à Montréal que Ramzi Sfeir veut concentrer ses efforts. La section se dispute la première place des sections socialistes de l’étranger avec Bruxelles. « On attend les derniers chiffres mis à jour », glisse-t-il avec un clin d’œil. « On ne veut plus seulement être des acteurs politiques, on veut aussi être des acteurs sociaux », expose le Secrétaire de la section. Il explique que le Club Jean-Jaurès s’inscrit dans cette logique. « Utiliser nos valeurs pour faire de bonnes actions, c’est l’ADN des militants socialistes », ajoute-t-il. En ligne de mire du responsable politique, les prochaines échéances électorales occupent une place de choix. Il précise que le PS veut dorénavant des candidats qui ont déjà fait des actions sur le terrain, « des gens qui utilisent leur passé pour construire l’avenir ». Et déjà, un agenda chargé attend les socialistes de Montréal; à la préparation des votes internes pour les prochaines échéances électorales, Ramzi Sfeir ajoute les prochaines visites d’Hélène Conway-Mouret et de Claudine Lepage, toutes deux sénatrices des Français de l’étranger.

« On aime la France! »

crédit : Nathalie Simon-Clerc
Aux côtés d’Hélène Conway-Mouret, en février 2014 à Montréal. crédit : Nathalie Simon-Clerc

Car la section de Montréal entend bien peser dans l’établissement de la future plate-forme du PS pour les Français de l’étranger. Le trentenaire s’insurge : « Il faut qu’on arrête de voir les Français de l’étranger comme un problème! » Il dénonce le qualificatif « d’exilés fiscaux » ou l’incompréhension de l’Hexagone lors d’un retour en France. « On aime la France! », clame-t-il. M. Sfeir considère que les talent et l’expérience acquises à l’étranger par les expatriés sont une chance pour la France. « Utilisez-nous! », lance-t-il. Ramzi Sfeir cite le récent rapport d’Hélène Conway-Mouret, qui sera d’ailleurs à Montréal dans deux semaines pour faire une conférence sur ce travail. Mais il insiste également pour les Français de Montréal s’inscrivent sur les listes consulaires, « pour savoir combien nous sommes, et pour favoriser le financement du consulat ».

Pour l’heure, il reconnaît que plusieurs militants de son parti sont impliqués, à titre personnel, dans les élections fédérales canadiennes, et plus particulièrement au sein du « parti frère », le NPD de Thomas Mulcair.

À la fin du mois de septembre, Ramzi Sfeir a convolé en justes noces. La rédaction de l’Outarde Libérée lui adresse tous ses vœux de bonheur.

Laisser un commentaire