Québec-France: un pont aérien de l’emploi pour faciliter le recrutement de travailleurs français dans l’Hexagone

C’est un véritable pont aérien de l’emploi entre la France et Québec qui se mettra en place en novembre prochain. Hier, Laurence Haguenauer, Kathleen Weil, François Blais et Régis Labeaume ont annoncé un projet pilote pour faciliter le recrutement en France et répondre aux besoins de main-d’œuvre de la Capitale-Nationale.

Par Nathalie Simon-Clerc

Depuis des mois, Régis Labeaume le réclamait… Hier, la ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) du Québec, Kathleen Weil, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, François Blais, ainsi que Laurence Haguenauer, Consule générale de France à Québec ont annoncé, aux côtés du maire de la Capitale-Nationale, la mise en place d’un projet pilote qui va permettre de recruter facilement et en continu en France.

« Il était devenu indispensable de trouver une solution pour pallier la pénurie de main‑d’œuvre qui sévit dans la région de Québec et permettre aux entreprises de poursuivre leur croissance. », se réjouit le maire Labeaume. À Québec, le taux de chômage est de 4,3% et 10 000 emplois ne sont pas pourvus.

Le projet pilote, bâti avec Pôle Emploi international en France, Emploi Québec et Québec international, va permettre notamment la diffusion en direct, sur la plateforme web de Pôle Emploi, des offres d’emploi disponibles dans la Capitale-Nationale. Dès l’hiver 2018, une foire virtuelle de l’emploi sera organisée par les partenaires.

« C’est un très bon projet pour la France car l’employabilité des Français est une priorité, en général, et pour la coopération France-Québec, en particulier. », considère Laurence Haguenauer.

Simplification des procédures

Chaque année, Québec International recrute 200 à 300 travailleurs français lors de missions de recrutement dans l’Hexagone. Toutefois ces missions restent onéreuses et compliquées pour des PME. « À la lumière des échanges que j’ai eus avec les dirigeants d’entreprises de la région, je constate que les démarches de recrutement à l’international peuvent s’avérer très ardues pour les PME. », explique François Blais, par ailleurs ministre en charge de la Capitale-Nationale.

Une liste de 30 compétences, qui vont de l’informaticien au chauffeur poids-lourd, en passant par le soudeur ou le chef-cuisinier, est visée par ce projet. Ces compétences font partie de la liste des professions pour des fins de traitement simplifié d’Immigration Canada. Les entreprises devront démontrer la recherche de candidats au Québec, mais plus au Canada.

Des mesures d’accompagnement à l’immigration sont prévues et Pôle Emploi pourra, dès le processus de présélection, renseigner les candidats potentiels. Munis d’un des permis de travail délivrés par Immigration Canada, les travailleurs sélectionnés seront éligibles au Programme de l’Expérience Québécoise (PEQ) au bout d’un an, puis pourront obtenir le Certificat de Sélection du Québec (CSQ) en 20 jours et demander la Résidence permanente (RP).

« En devenant éventuellement des résidents permanents, ces travailleurs renforceront encore davantage le positionnement stratégique de la Capitale-Nationale. », estime Kathleen Weil, décidée à défendre ce projet auprès d’Ottawa, pour accélérer les formalités d’immigration.

Une première étape…

« Ce projet pilote fait partie des actes qui démontrent que la relation France-Québec est directe, privilégiée et spéciale », commente Laurence Haguenauer. Sans s’avancer sur les chiffres, elle fonde de grands espoirs sur la réussite de ce projet qui ne s’est donné ni objectif, ni plafond, ni limite dans le temps : « Avec un recrutement en continu, ça peut aller très très vite… ».

Mais la diplomate voit déjà plus loin. « Ce qui fonctionne à Québec pourra fonctionner avec d’autres régions de la province, ou la demande de travailleurs français est forte. Pour moi, c’est une première étape, car mon objectif est d’améliorer l’employabilité des Français. », explique-t-elle.

Selon les dernières prévisions d’Emploi-Québec, des centaines de milliers d’emplois seront disponibles au Québec entre 2015 et 2019, dont des dizaines de milliers dans la région de la Capitale‑Nationale.

(crédit photo: Twitter)

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Les autres mesures prévues dans le cadre du projet pilote :

  • Pour être admissibles au projet pilote, les PME doivent avoir des besoins de main‑d’œuvre temporaires ou permanents pour des postes spécialisés ou peu spécialisés.
  • Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) mettra en œuvre une stratégie de promotion afin de faire connaître le projet pilote ainsi que les besoins des entreprises québécoises aux candidates et candidats ayant un profil recherché par les employeurs. Il informera les travailleurs et leur famille sur les démarches d’immigration à entreprendre et les possibilités de résidence permanente. En parallèle, un service sera accessible pour répondre aux questions des employeurs sur les procédures d’immigration.
  • Lorsque les personnes sélectionnées œuvrent dans un domaine en demande au Québec, les demandes d’immigration peuvent être traitées en priorité par le MIDI sur la base de la Liste des professions pour des fins du traitement simplifié.
  • Afin de faciliter leur intégration, les travailleurs étrangers temporaires titulaires d’un certificat d’acceptation du Québec pourront amorcer leur préparation depuis l’étranger en utilisant le Service d’intégration en ligne (SIEL) du MIDI.

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