Présidentielle 2017: les premières réactions à Montréal

À peine le résultat national, plaçant Émmanuel Macron en tête, suivi de Marine Le Pen, les réactions locales ne se sont pas faites attendre en Amérique du Nord.

Réactions recueillies par Cédrelle Eymard

Frédéric Lefebvre n’a pas tardé à rejoindre l’ancien ministre de l’économie. Dans un communiqué, le député d’Amérique du Nord, invite « résolument à voter Emmanuel Macron, un homme dont j’ai pu éprouver le constant esprit Républicain auquel je suis si attaché ». Il rappelle qu’il a voté la loi qui porte son nom. Il invite  » les électeurs de la première circonscription des Français de l’étranger à voter massivement pour lui au deuxième tour de la présidentielle. »

Par ailleurs, le parlementaire s’insurge contre « les conditions de vote des Français dans notre circonscription n’ont pas permis à chacun d’exercer sereinement son droit de citoyen. »  » Comment, en 2017, peut-on organiser le vote à l’urne avec plus de deux heures d’attente dans certains endroits, notamment à Montréal, mais aussi à Boston, Toronto et ailleurs ? », ajoute-t-elle. Il vient « d’écrire au président de la République pour l’inviter à déployer des moyens exceptionnels afin de permettre à chacun de voter dans les meilleures conditions. »

Chistopher Weissberg, En Marche Montréal : « Nous sommes très heureux de ce résultat car notre premier objectif était de passer le deuxième tour. C’est la preuve que ce qu’on ressent depuis des mois sur le terrain se concrétise ». Le co-référent du mouvement citoyen n’en croit pas ses yeux. Très heureux d’un score exceptionnel à Montréal (36%) mais aussi en France (23%), Christopher sait que Montréal a toujours été plutôt à gauche. Ce qui explique également selon lui le score très élevé de Jean Luc Mélenchon (30%). Désormais, le but est le deuxième tour et le barrage à l’extrême droite. La victoire n’est pourtant pas total, selon le co-référent, avec une extrême droite historiquement élevée et surtout présente au second tour montrant que « ses idées sont quand même ancrées dans la société française ».  

Eric Portrait, Les Républicains Montréal : François Fillon a déclaré « assumer la responsabilité des résultats ».  Au coude à coude avec le candidat des Insoumis, il se bat, à l’heure qu’il est, pour gagner cette troisième place. « Nous voyons que les français ont voté pour les extrêmes. C’est ce qu’on craignait tous », explique Eric Portrait, responsable des Républicains au Canada de Montréal. Quant aux différences de vote entre Montréal et la France, le responsable le justifie facilement (à Montréal, JLM enregistre presque 30% derrière Emmanuel Macron avec 36%). « Montréal a toujours été plutôt de gauche. Les gens sont surtout un peu perdus, voilà pourquoi les extrêmes ont fait de gros scores ». Les législatives sont encore loin, le premier but est le deuxième tour où « il va falloir aller derrière le candidat qui se place ».

Thibault Froehlich, Les Insoumis de Montréal: Lorsque le responsable des Insoumis de Montréal a réagi, les résultats n’étaient pas encore définitifs. Néanmoins, il a réagi au score très élevé du candidat d’En Marche Montréal. « Nous sommes déconcertés de voir qu’un candidat, qui a mis autant de temps à produire un programme, accède au second tour. Il n’a pas respecté les règles électorales républicaines ». En outre, selon Thibault Froehlich, Emmanuel Macron, aurait « participé au score élevé de la candidate du Front National ».  Le responsable des Insoumis de Montréal se range derrière Jean-Luc Mélenchon, qui a appelé les 400 000 Insoumis qui l’ont parrainé, à décider d’une consigne de vote. « C’est une défaite au goût de l’espoir, affirme M. Froehlich, nous sommes la relève de la gauche ».

Yan Chantrel, Parti Socialiste: Le candidat a dit éprouver un « sentiment de honte de voir l’extrême droite au second tour de la présidentielle française, (…) en tant que démocrate, nous ne pouvons célébrer ce soir ». Le candidat du Parti Socialiste aux élections législatives n’a pas attendu pour exprimer son soutien à Emmanuel Macron même s’il juge son projet insuffisant. Le but principal, selon lui, étant de « faire barrage au Front National ». Déjà axé sur les élections législatives, Yan Chantrel, ne perd pas de vue sa propre campagne, désirant changer profondément les institutions françaises et permettre la mise en place d’une VIème république participative mais également incarner une majorité progressiste lors des prochaines élections.

Par ailleurs, Yan Chantrel lance une pétition pour que le 2e tour de l’élection présidentielle ne génère pas des heures d’attente avant de voter.  » Je viens de demander à la Consule de France à Montréal la tenue d’une réunion consulaire avec vos élus ainsi que l’ensemble des représentants des partis politiques et associatifs afin de les associer à l’organisation du 2nd tour. Dans cette démarche, j’ai besoin de votre appui en signant notre pétition que je remettrai à l’administration consulaire de Montréal dès le début de la semaine prochaine. »

Nous sommes dans l’attente de la réaction de Denis Franceskin, du Front National Amérique du Nord.

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