Premier débat pour les élections législatives en Amérique du Nord

Le collège Marie-de-France accueillait, mardi 23 mai au soir, le premier débat entre six des 19 candidats à l’élection législative pour la circonscription d’Amérique du Nord. Organisé par French Morning, plus de 200 personnes occupaient la salle, en plus des internautes. Economie, fiscalité, loi de travail et scolarité ont été certains des thèmes abordés par les candidats, tous très motivés pour défendre leur programme et pour l’un d’entre eux, son bilan.

Par Cédrelle Eymard et Camille Balzinger 

Inspirées par celles du CSA, les règles du débat sont simples : un temps de parole réparti équitablement, des questions et un ordre de passage pigés au hasard. Quant au choix des candidats présents, un de ces deux critères au moins : appartenir à un mouvement ayant fait plus de 5% au premier tour des présidentielles, ou avoir une campagne législative active (réunions publiques dans quatre circonscriptions consulaires au moins). Sept candidats ont donc été conviés : Frédéric Lefebvre, actuel parlementaire de la circonscription (Les Républicains), Roland Lescure (La République En Marche), Arnaud Dumas de Rauly (À nous la Démocratie), Yan Chantrel (Parti Socialiste), Clémentine Langlois (France insoumise) et Damien Regnard (Républicains de la droite et du centre). Denis Franceskin (Front National) a refusé de participer.

Après une courte présentation de chacun, d’environ une minute, pour ceux qui ont respecté la consigne, le débat a rapidement commencé. Première question : la moralisation des élus. Transparence et travail des proches. Si l’actuel député est attaqué dès le départ sur l’emploi de son épouse Valérie, il répond tranquillement de la légitimité de sa place et de l’efficacité de son travail. Tous s’accordent pour approuver et militer pour une transparence dans les dépenses des parlementaires, une lisibilité des notes de frais. Le ton du débat semble lancé, sous les sourires apparents, déjà se dégage une combativité, notamment chez Yan Chantrel, qui ne cache pas son ambition et défend la légitimité de sa candidature. « Je ne sais pas si vous êtes en marche, en tout cas vous êtes au garde à vous ! »a-t-il lancé à Roland Lescure. Le candidat socialiste, ainsi que ceux de la France Insoumise, d’À nous la Démocratie et d’En Marche prônent l’accès pour tous à la politique, mêler vie civile et vie politique. Yan Chantrel propose une aide potentielle à ceux qui souhaiteraient s’engager politiquement. Damien Regnard, candidat de la droite et du centre, lui, réclame l’exclusivité parlementaire, pour que chaque parlementaire ne se consacre qu’à ce métier là.

Et les français de l’étranger alors ?

Les premiers applaudissements ne se sont pas faits attendre très longtemps. Certaines phrases, idées des candidats sont régulièrement saluées par les spectateurs, très réactifs, entre rires, sourires et approbations. Et c’est Damien Regnard qui ouvre le bal, notifiant qu’il serait bon concrètement d’aider les électeurs à voter, après les difficultés vécues lors du premier tour des présidentielles. Il renouvelle ensuite l’approbation du public lorsqu’après une heure de débat, il demande à ce que les préoccupations locales des français de l’étranger soient abordées. En effet, jusqu’ici, il était question d’économie, de réforme de la loi sur le travail, de transparence des élus, d’emploi, de fiscalité, et chacun des candidats s’en va de sa position. Enfin, sont abordés, la CSG-CRDS pour les Français de l’étranger, avec une double difficulté pour ceux qui vivent aux Etats-Unis. Quand Frédéric Lefebvre demande la suppression pure et simple de cette cotisation, Yan Chantrel, Clémentine Langlois estiment qu’une couverture santé pourrait être une solution à cette imposition à l’étranger. La France Insoumise a d’ailleurs été questionnée sur l’imposition des Français de l’étranger que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon souhaite mettre en place. A cela, Clémentine Langlois y répond qu’en échange de cet impôt qui ne taxerait que les plus hauts revenus, les Français de l’étranger pourraient bénéficier d’une couverture santé et un accès plus facile à l’éducation.  

Santé, éducation sont les principales préoccupations des électeurs français d’Amérique du Nord. Les candidats le savent et n’ont pas oublié de le souligner, malgré une grande partie du débat consacrée à la France métropolitaine. Tous se sont accordés pour signifier l’importance de l’éducation en Amérique.  Et c’est ainsi que s’est clos le premier débat d’une heure et demi pour les législatives.

Tous ont essayé de montrer que leurs propositions étaient les plus réalisables et nécessaires. Chacun s’attribuant une légitimité populaire, les prétendants ont tous exacerbé leurs particularismes pour tirer leur épingle du débat : bilan et réseau pour l’actuel député de la circonscription (mettant en avant ses nombreux contacts au sein de l’exécutif français), novicité de sa candidature et expérience de la vie civile locale pour Roland Lescure qui avec beaucoup d’humour a souligné la nécessité de renouvellement de la vie politique, expérience de l’engagement en Amérique du nord pour Damien Regnard toujours très habile en repositionnement le débat, désir de consensus et représentation de la vie civile participative pour Arnaud Dumas de Rauly, engagement sérieux et promesses d’une efficacité nouvelle, progressiste et participative pour Yan Chantrel, force d’un programme établi par et pour les citoyens pour Clémentine Langlois.

Nos portraits de candidats:

Clémentine Langlois, une Insoumise pour l’Amérique du Nord

Roland Lescure, candidat de La République en Marche en Amérique du Nord

Damien Regnard veut porter les valeurs de la droite républicaine en Amérique du Nord

Denis Franceskin: « Marine Le Pen a conscience de l’énorme potentiel des Français de l’étranger »

Yan Chantrel est le candidat du Parti socialiste pour la prochaine législative

À venir: Frédéric Lefebvre, David Lawson et Vincent Noileau-Autin

Revoir le débat :

(crédit photo: Cédrelle Eymard)

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