Pop Rideshare : le « covoiturage 3.0 » aux portes du Québec

Trois ans après son lancement officiel sur la côte ouest canadienne, l’application mobile Pop Rideshare a donné son coup d’envoi dans la province du Québec, le 25 juillet dernier. Flo Devellennes, son fondateur, entend simplifier l’offre de service pour les covoiturages, dans un marché qui ne demande qu’à se moderniser.

Par Mathias Chevalier

En 2006, alors qu’il était encore sur les bancs de l’Université Laval, Flo Devellennes découvrait Allo-Stop, un nouveau standard téléphonique dédié aux covoiturages. S’il n’était pas fasciné par le concept, le jeune étudiant voyait là l’occasion de faire des rencontres, en particulier auprès de Québécois. « En tant qu’étudiant, c’est la meilleure façon de voyager », se souvient-il.

Aujourd’hui, son application mobile est utilisée par plus de 50 000 personnes à travers le Canada, principalement dans l’ouest, et il compte bien supplanter Amigo-Express, son concurrent actuel au Québec. « Allo-Stop, c’était le covoiturage 1.0. AmigoExpress, c’est du 2.0 et nous, on propose un covoiturage 3.0. »

En plus de se présenter comme une application multiplateforme, Pop Rideshare se veut plus avantageuse sur le plan monétaire. Par exemple, en cas d’annulation, le conducteur touche 50% de la somme qu’il était censé percevoir. Côté passager, il n’y a pas de frais d’inscription et les frais de réservation sont définis par un pourcentage du coût total. « On n’a pas de frais fixes de 5$, ce qui n’a pas de sens pour les trajets courts. »

D’Ouest en Est

Flo Devellennes a eu l’idée d’une application pour simplifier les covoiturages en 2010, de retour au Canada en PVT après quelques années passées en Europe. « Au départ, c’était censé être une année sabbatique. Mais en allant à Whistler tout le temps, j’ai eu le déclic. »

C’est ainsi qu’il crée HitchWhistler, une plateforme web servant à « matcher » les conducteurs et les autostoppeurs, qui deviendra HitchPlanet en 2014, avant d’être renommée Pop Rideshare. « L’idée, c’était d’étendre la plateforme au reste du Canada. » L’année suivante, les clients lui demandent une application mobile, ce qui le pousse à organiser une première levée de fonds auprès d’investisseurs privés.

Pour susciter une première accélération de croissance, l’application récolte 290 000 $ en 2016 grâce au equity-crowdfunding, une procédure qui permet aux particuliers d’investir dans des actions d’une entreprise. « C’était assez risqué, parce que ça ne se fait pas beaucoup ici au Canada. »

Cette année au Québec, même si l’économie de partage n’a pas encore la côte, l’application n’a pas rencontré de difficultés majeures au moment de son lancement. « De toute façon, notre public visé, c’est les milléniaux », précise Flo Devellennes, qui admet tout de même que « le Québec a un petit côté Européen » quant à sa lenteur d’adaptation. Le principal défi était de traduire la plateforme en français canadien, pour la rendre accessible à l’ensemble de la communauté francophone.

Stephen de Hertogh (Operations Manager, left) and Flo Devellennes (CEO, right) at the new Pop office in Kingston. (crédit: Pop Rideshare)

En route vers les États-Unis

« On aimerait bien tester des trajets en 2018 », annonce Flo Devellennes. Une partie de la prochaine levée de fonds, qui sera menée auprès de grands investisseurs, servira au développement américain.

Le plus délicat reste le passage de la frontière, comme en témoignent quelques expériences négatives sur le trajet Seattle-Vancouver. « Traverser la frontière, ça a toujours été compliqué. Mais curieusement, c’est plus difficile pour rentrer au Canada. » Le fondateur préconise notamment un certain nombre de vérifications auprès des voyageurs, pour faire en sorte qu’ils aient tous les documents nécessaires à portée de main.

Conscient du potentiel de son application, Flo Devellennes entend bien poursuivre l’aventure sur l’ensemble du continent nord-américain, tant que sa philosophie reste inchangée : « En ce moment, il y a beaucoup d’applications qui poussent les gens à passer de plus en plus de temps sur leur téléphone. Nous, on fait complètement l’inverse. On propose une appli sur laquelle on va passer 30 secondes, et qui va nous permettre de passer du temps avec des gens dans le monde réel. »

 

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