La passion du cheval d’Émile Hermès en exclusivité mondiale à Pointe-à-Callière

Depuis le 20 mai et jusqu’au 16 octobre 2016, le Musée Pointe-à-Callière de Montréal présente, en exclusivité mondiale l’exposition Des Chevaux et des Hommes, avec quelque 250 objets d’exception, issus du 24 Faubourg-Saint-Honoré à Paris, bureau d’Emile Hermès, et qui retracent l’histoire du cheval et de sa relation avec l’homme.

Par Sylvie Colombier

Francine Lelièvre, directrice générale du musée, a su convaincre la maison Hermès de présenter les merveilles du « cabinet  d’enchanteur » d’Emile Hermès (1871-1951), comme l’appelle si joliment Menehould du Chatelle, directrice du patrimoine culturel Hermès. « Nos créateurs viennent s’y ressourcer et quand ils sont en manque d’inspiration, les nombreux objets, tous plus magiques les uns que les autres, leur permettent de continuer à créer», explique-t-elle. On trouve notamment des ouvrages anciens, des carrés de soie, des harnais créés pour des monarques, des étriers, éperons, une selle japonaise de l’époque Edo, des sculptures, gravures, des jouets, un atelier de maréchal-ferrant miniature, le cheval à bascule familial…

Un homme formidable

« Mon grand-père était formidable », commence Philippe Dumas, auteur, illustrateur et petit-fils d’Emile Hermès. « C’était un homme qui avait la passion du mouvement et qui apportait à son travail une valeur considérable, sentimentale et artistique, et un collectionneur passionné par les traces du cheval », ajoute M. Dumas. Aussi, en cette aube de la mécanisation et des nouveaux moteurs, avait-il fait le vœu de sauvegarder le patrimoine du cheval.

Un reportage de Charlotte Lopez et Jeanne Bouchel :

« Il importe la fermeture Éclair »

10-A_PUB_VOY_015A travers cette exposition, Émile Hermès apparaît comme un collectionneur passionné, un esprit curieux et attentionné, mais également un visionnaire, un précurseur et aussi un entrepreneur toujours à la recherche de nouveautés. Pour créer une inter-relation entre le collectionneur et l’entrepreneur, il faut des repères. Le collectionneur agit au présent en repérant le passé mais il nous projette dans l’avenir et contribue magnifiquement à l’échange et à l’enrichissement des civilisations.
De ses longs périples autour du monde, il en rapportait souvent des idées visionnaires tout comme la découverte de la révolutionnaire fermeture à glissière ou fermeture Éclair lors de son voyage en Amérique vers 1940 dont il acquiert le brevet pour une certaine durée. Il fut le premier à l’adapter de façon visible sur les sacs, les vêtements tout comme dans notre mode actuelle et il s’en servait comme décoration car, disait-il «  ce qui est utile, est beau ».

Le premier agenda Hermès avec des chutes de cuir

5-PegaseÀ l’avant-garde du recyclage, il achetait ce que les gens rejetaient, récupérait les morceaux de cuir tombés à terre dans les ateliers et disait: « On en fera quelque chose, car on peut tout faire à condition que cela soit beau, intelligent et soigneux. » C’est avec des chutes de cuir que le premier agenda Hermès fut créé en 1930!

Il célèbre aussi la femme, celle qui mène son attelage, et produit les plus belles selles de dames, brodées, beauté des points alliant la sécurité à la stabilité des tissus ne glissant plus sur la broderie.

En entrant dans l’univers du « cabinet d’enchanteur » d’Emile Hermès, nous nous envolons sur Pégase vers ses muses…

(crédit photo : Musée Pointe-à-Callière)

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