Et si on parlait vin ? Les méandres de la SAQ…

Exercer son métier à l’étranger, s’avère parfois être un véritable challenge. Surtout quand on travaille dans le milieu du vin. Nous avons rencontré Anne Malhere, sommelière implantée à Montréal depuis trois ans et demi, après avoir exercé son métier en France et aux États-Unis, elle nous livre ses quelques tours de mains.  

Par Lisa Lasselin

« C’est un challenge, car quand tu arrives, tu n’y comprends rien. » lance la sommelière. Il lui a fallu un certain temps d’adaptation, et puis elle a vite trouvé des avantages, mais aussi quelques inconvénients. « La différence est essentiellement dans le fait qu’en France, tu as accès essentiellement à des vins français, c’est assez difficile d’avoir accès à autre chose. Contrairement à ici, où j’ai accès, malgré les prix, à tout ce qui se fait en Amérique du Nord. » poursuit-elle.

Mais voilà, il y a des vins qu’Anne aimerait avoir, et lorsqu’elle se rend à la Société des Alcools du Québec (SAQ), elle ne les trouve pas. Alors elle contacte ce qu’on appelle des distributeurs, responsable de « l’importation privée », qui représentent des vignerons. Ce sont ces agences qui demandent à la SAQ d’importer certains vins.

Et puis là, deux options : soit le vin est déjà importé et se trouve dans les entrepôts, ou alors il n’a jamais fait l’objet d’une demande d’importation.

La SAQ fait l’effort d’avoir des petits producteurs

Si le distributeur a ce vin, il va demander à la SAQ de livrer directement le vin à la sommelière. Cas inverse, commence un processus bien plus long. En effet, pour être importé au Canada, le vin doit passer un contrôle afin de s’assurer qu’il respecte les normes canadiennes. Ensuite, s’ajoute les divers aléas liés à la livraison :  commander une quantité suffisante afin de remplir un conteneur, temps de transport par bateau (…). Parfois des mois s’écoulent entre la demande d’Anne et son arrivée.

Pour trouver un vin qui n’est pas disponible en magasin SAQ, il y a plusieurs techniques. Voici celle qu’Anne utilise, son « système personnel », comme elle le nomme. Celui-ci n’est ni plus ni moins que… Facebook ! Voici trois ans qu’elle rencontre des distributeurs, et garde leur contact via le réseau social. Désormais, avec le nombre de contacts qu’elle a accumulés, il lui suffit de poster un message pour savoir si l’un d’entre eux a le produit qu’elle recherche.

Même si parfois le système lui semble restrictif, la sommelière reconnaît un changement progressif et positif de la part de la SAQ. « Il y a des vins qui n’étaient disponibles qu’en importation privée, et qui sont désormais en vente en magasin, ce qui prouve que la SAQ fait l’effort d’avoir des petits producteurs, c’est une bonne chose » explique Anne Malhere.

Difficile de comparer la consommation québécoise de vin à celle des français. Cependant la française assure que la demande au Québec grandit et les gens sont de plus en plus intéressés pour aller chercher autre chose « Ma carte est 100% bio et petits producteurs. Quand on regarde les statistiques, on voit que le plus gros vendeur au Québec est « ménage à trois », un vin purement industriel avec 17 grammes de sucre ! Certes, il y a du potentiel mais il y aussi un travail d’éducation à faire quant à la façon de consommer » conclut la sommelière.

Une réponse

  1. Alain Laliberté
    Alain Laliberté at |

    En Europe, peu importe le pays, il est tout à fait possible d’acheter des vins des pays voisins. 

    Toutefois, pour cause de chauvinisme régional et d’ignorance du consommateur et de la restauration, le Bourguignon ignore les vins de Bordeaux et d’aiileurs. Peut-être même qu’il ne sait pas que la Gironde produit du vin ! 🙄

    Idem pour les autres régions de France. Et d’Italie… Pas évident de vendre du gaglioppo ou du greco dans le nord !

    Alors, pour un sommelier, tenter de vendre du vin italien, espagnol voire autrichien ou grec à des Français est une hérésie. 

    Je comprends très bien Anne qui a dû s’adapter à un marché monopolistique contraignant. 

    Mon prédécesseur chez Ricarda’s arrivait d’Australie. Le jeune n’a pas fait long feu. Frustré, il a lancé la serviette. Je répare les pots cassés en mille miettes. 

    Bon mercredi !

    Alain Laliberté

    Sommelier 

    RICARDA’S 134

    http://ricardas.com

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