La nouvelle présidente de l’Union Française, Fanny Henry, veut moderniser l’organisation

Fanny Henry est la nouvelle présidente de l’Union Française de Montréal. Cette Strasbourgeoise de 33 ans, arrivée au Québec il y a cinq ans, déborde d’idées et d’énergie pour ancrer l’organisation centenaire dans le 21e siècle. 

Par Nathalie Simon-Clerc

Laptop sous le bras, Fanny Henry déambule dans la bâtisse centenaire de l’Union Française (UF). Elle salue les uns, plaisante avec les autres, accueille les participants à la soirée alsacienne et surtout, enchaîne les rendez-vous. Cette jeune professionnelle à l’agenda chargé, met la main à sa nouvelle organisation. « On remet tout à plat et on stabilise», prévient-elle.

Avec son équipe, elle veut « refédérer » la communauté française, « moderniser et rajeunir » l’image de l’Union Française. « On travaille sur le logo et sur un nouveau site web », indique-t-elle.

« J’ai tout de suite vu le potentiel de l’Union Française »

Analyste d’affaires chez CGI, Fanny Henry a l’habitude d’aller vite. Elle tente l’aventure canadienne en faisant une demande de PVT… 24h après la fermeture des candidatures. Et ça marche! « Faire une demande de résidence permanente (RP), c’était trop long, je voulais partir vite… », explique celle qui débarque à Montréal le 24 juin 2013. Trois semaines plus tard, elle décroche un job dans une agence de publicité. Elle enchaîne les visas : PVT, Jeune Professionnel, Résidence Permanente et est aujourd’hui sur le point de devenir citoyenne canadienne.

L’aventure avec l’Union Française débute en juin 2016, avec l’envie de faire du bénévolat. Six mois plus tard, elle intègre le Conseil d’Administration; elle est élue présidente en mars 2018. « Mon plan stratégique pour l’UF, je l’ai en tête depuis le moment ou j’y ai mis les pieds, car j’ai tout de suite vu le potentiel », avoue la jeune présidente.

Appel au bénévolat

Pour l’heure, elle concède faire beaucoup d’opérationnel, « pour comprendre comment ça marche et constituer une équipe ». Le nouveau coordinateur, Christian Dooh et le responsable culture et communication, Guillaume Gueras, sont déjà aux commandes.

« On a besoin de bras et de porteurs de projets », explique Mme Henry qui lance un appel au bénévolat. Les grands axes de sa présidence et les projets sont définis. Reste à la jeune équipe à recruter des volontaires pour mener les projets.

Rassembler les communautés françaises

Parmi ses orientations stratégiques, Fanny Henry veut développer le réseautage « business » à destination des jeunes professionnels. Fidèle des 5@7 de Bleu Blanc Tech et de French Tech Business, elle veut apporter cet aspect à l’Union Française. D’ailleurs le 15 mai, elle accueille une soirée Grandes Écoles, organisée par le réseau des IAE.

La jeune présidente veut également que l’Union Française devienne le lieu de rassemblement de toutes les associations françaises de Montréal pour organiser des évènements conjoints. Car elle a fait sienne cette maxime : seul on va vite, ensemble on va plus loin.

Chercher de l’argent « là ou il y en a »

La présidente insiste sur la mission sociale de l’UF. Les statuts de l’organisation, qui datent de 1886, la définissent comme une œuvre de charité. « On a besoin d’argent pour assurer nos services et notre mission sociale », reconnait-elle.

La nouvelle équipe a pour mission de chercher des subventions et financements, « là ou il y en a ». À l’argent public qu’elle convoite, Fanny Henry veut ajouter des partenaires privés, avec la location des salles mais aussi en ouvrant le bâtiment aux entreprises du secteur. « Un comité est constitué pour y réfléchir et chercher des budgets », fait-elle valoir.

Vendre ou garder le bâtiment centenaire

C’est aussi pour assurer l’entretien du bâtiment centenaire que Fanny Henry a besoin d’argent. « Il faut rénover en permanence », se désole-t-elle.

D’ailleurs, à l’épineuse question qui agite la communauté française de Montréal depuis des années, « vendre ou garder » le 429 Viger est, Fanny Henry esquisse un sourire : « on a constitué un comité d’experts depuis un mois, avec des architectes et des gestionnaires en immobilier, qui sont chargés de réfléchir à cette question ».

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