L’ambassadeur de France Nicolas Chapuis quitte Ottawa: mission accomplie!

Le 31 mai prochain, Nicolas Chapuis quittera le Canada. En fin de mission, l’ambassadeur de France au Canada n’a pas révélé sa prochaine destination. Il fait un bilan positif de ses deux ans et demi passés à Ottawa et souligne la vigueur de la communauté française au Canada.

Par Nathalie Simon-Clerc

« Je suis dans l’attente de la décision du ministère des affaires étrangères qui doit pourvoir à des postes d’encadrement supérieur dans les semaines qui viennent », explique le diplomate sans révéler sa prochaine affectation. Il sera remplacé par Kareen Rispal début juin, la première femme chef de mission diplomatique au Canada.

Environnement, commerce et sécurité

Au bout de deux ans et demi de mission, Nicolas Chapuis affiche un bilan dont il estime les résultats « mesurables ». En 2015, à peine le pied posé sur le sol canadien, il se lance dans une croisade pour amener le Canada de Stephen Harper à s’engager dans la COP21. Les élections canadiennes, qui vont amener les libéraux de Justin Trudeau au pouvoir en octobre de la même année, vont faciliter le travail du diplomate français. Le Canada s’engage pleinement dans la COP21. « Le rôle constructif et parfois enthousiaste se poursuit, je crois que nous sommes sur une bonne trajectoire pour mettre en œuvre les engagements de Paris », se réjouit l’ambassadeur de France.

Il est également satisfait que la France ait pu conclure avec le Canada, deux feuilles de route lors de la visite du Premier ministre Manuel Valls en octobre dernier : l’une sur la sécurité et l’autre sur le développement et le changement climatique. « Le réengagement international du Canada a permis d’ouvrir ces dialogues qui relèvent du ministère des Affaires étrangères et du ministère de la Défense », assure le diplomate.

La finalisation de l’accord de libre-échange entre l’Europe et le Canada (AECG/CETA) fait également partie de son bilan positif. « Il appartiendra à mon successeur de le mettre en œuvre », indique-t-il. Il se félicite enfin du récent accord entre universités canadiennes et françaises pour promouvoir et renforcer la francophonie hors Québec. Il reste préoccupé par la faible mobilité des étudiants canadiens qu’il aimerait voir venir en France, ou en tout cas, sortir du Canada. « Il faut veiller à ce que les Canadiens ne considèrent pas que, comme le monde vient à vous, ils n’ont pas besoin d’aller voir le monde », justifie-t-il.

Une communauté française très « montréalaise »

Il souligne une communauté française qui s’agrandit partout au Canada. « Il y a un phénomène montréalais intéressant! », s’amuse M. Chapuis, en précisant que la communauté française du Canada reste « très centrée » sur Montréal. Il a constaté que cette communauté est jeune et qu’elle « pose les fondations de ce que pourront être les relations transatlantiques demain ». Il rappelle qu’il a accompagné le French Tech Hub de Montréal (Bleu Blanc Tech). Il se réjouit également de la forte mobilisation lors des dernières élections présidentielles. « Cela témoigne d’une qualité démocratique intéressante de cette génération », note-t-il.

À titre personnel, il a observé avec intérêt la transition politique d’octobre 2015 au Canada. Selon lui, la nouvelle ligne politique de « libéralisme social » de Justin Trudeau, qui prône l’ouverture et parle d’espoir et d’innovation, a eu beaucoup d’impact au niveau international. « Il y a aujourd’hui une convergence entre le Canada et la France qui mérite d’être soulignée », conclut le diplomate.

Nicolas Chapuis et Denis Coderre, maire de Montréal, lors d’un déjeuner-débat à Montréal (crédit: Nathalie Simon-Clerc)

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