Il n’est pas encore minuit : art de la voltige et colonnes humaines sans fin

Formés dans les écoles renommées d’Europe notamment en Espagne, en Belgique ou encore en France, les vingt-deux artistes de la compagnie XY maîtrisent leur art et repoussent toujours les limites de la surprise dans leur création. Pour leur troisième pièce, la compagnie ne s’éloigne pas de son essence et cherche à créer une entité où chacun à sa place, son mot à dire. Pas de chef dans cette compagnie, seulement l’entraide, la communication, le support, physique et mental ! Avec il n’est pas encore minuit, la troupe de circassiens a su éblouir le public montréalais durant quatre soirées sur la belle scène de la TOHU.

Par Léa Villalba

Petit retour sur un spectacle à couper le souffle au festival Montréal Complètement Cirque.

S’envoyer en l’air pour rattraper le temps

Les artistes rentrent sur une scène épurée, sans décor, et commencent à se pousser, à se battre. Le ton monte jusqu’à ce que, de façon invisible, un voltigeur s’envole. Des épaules de l’un aux épaules de l’autre, des mains de l’un aux bras de l’autre, lancé à plein élan. La peur dans le public s’est fait entendre. Mais non, pas de crainte à avoir. Ses artistes adorent s’envoyer en l’air, à deux, à quatre ou à plus et maîtrisent pleinement leur art !

Les numéros s’enchaînent, ne se ressemblent pas et éblouissent la salle, qui réagit par la stupéfaction, l’admiration et les applaudissements. Experte dans les colonnes humaines, les portés, la voltige et la bascule coréenne, on découvre toute l’immensité de ses spécialités et l’envergure spectaculaire que la compagnie leur donne.

Après la bataille acrobatique, les uns montent sur les autres, tranquillement, telle une activité de leur quotidien. Ils fonctionnent alors à vingt-deux, en pairs de deux, l’un sur l’autre, et bougent de façon presque naturelle. Paradoxe loufoque et poétique où chacun a besoin de l’autre pour maintenir l’équilibre du groupe, qui ne forme alors plus qu’un être.

Prouesses techniques et légèreté de l’âme

Entre deux pas de danse, les artistes continuent de nous impressionner. Après les pyramides et les colonnes humaines, on peut alors assister à la chute et au déséquilibre (voulu ou non !) de ses structures incroyables et fragiles. Que se passe-t-il quand un corps tombe sur un autre corps qui tombe lui-même sur un autre etc… ? Un jeu de domino où l’instant dans les airs suspens le temps.

La danse et l’humour sont utilisés dans cette pièce, comme pour donner une ambiance légère où les artistes rient, de bon cœur, et continuent à se faire swinguer, en dansant, en volant par-dessus les uns des autres, comme si de rien n’était, sourire aux lèvres et enthousiasme de troupe.

Enfin, pour compléter et finir la soirée, les vingt-deux circassiens se réunissent, les pieds sur Terre cette fois, pour donner une petite danse swing, rappelant le début du siècle dernier. Ils dévoilent alors tout l’intérêt du groupe, la convivialité et l’humanité de vouloir construire et vivre ensemble et bouclent ainsi la boucle. Comme l’a mentionné un des interprètes à la fin du spectacle « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. »

L’engagement des corps et les valeurs esthétiques et grandioses de la compagnie et de ce spectacle, attendrissant, touchant et porteur de messages sur la bienfaisance et la nécessité de la communauté, plaira autant aux grands qu’aux petits, fanatiques d’univers poétiques, de message d’amour et de virtuosité.

(crédit photo: Compagnie XY – Montréal complètement cirque)

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