L’UDI Montréal, débats et idées nouvelles pour rassembler autour du centre

À Montréal, l’UDI veut alimenter le débat politique en idées nouvelles. Si Alain Juppé est le candidat favori d’une partie de la section, le jeune parti veut surtout rassembler les déçus de la droite et de la gauche autour des idées libérales et progressistes du centre.

Par Nathalie Simon-Clerc

« Alain Juppé est le seul candidat qui ne ferme pas la porte aux centristes », justifie Arthur de Lembeye. Le jeune responsable, qui a pris la tête de la section en janvier 2015, reste mesuré dans son soutien. S’il reconnaît partager les mêmes préoccupations pour l’avenir que l’ancien premier ministre, notamment la réduction de la dette, il considère qu’il n’est pas « l’homme providentiel », et aurait même préféré voir un candidat estampillé UDI se lancer dans la course à l’élection présidentielle. Les autres candidats ne l’ont pas séduit, au point qu’il souhaite un candidat UDI si Nicolas Sarkozy gagne la primaire. « Je ne veux pas défendre le programme de Nicolas Sarkozy », fait-il valoir. Il reste ouvert à une action commune avec le Comité de soutien à Alain Juppé au niveau local.

Farouche partisan de l’Europe, Arthur de Lembeye regrette le peu de place laissée à ce dossier dans le débat à la primaire de la droite.

Un lieu de débats et d’idées

Selon lui, c’est bien la préoccupation européenne qui pousse des jeunes à rejoindre l’UDI locale. « Les jeunes veulent s’engager et participer au débat politique », lance le responsable. Il indique que les jeunes recrues sont séduites par l’UDI car c’est un parti qui ne cherche pas « à faire de la politique politicienne ». Selon lui, la section grandit, car les Français sont déçus par le parti socialiste et par la primaire de la droite qui ne suscite pas l’engouement. « 2 500 inscrits pour voter à la primaire au Canada, c’est ridicule! », s’exclame-t-il.

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Arthur de Lembeye et Olivier Cadic, sénateur UDI des Français de l’étranger – Crédit : Nathalie Simon-Clerc

Pour lui, le militantisme doit se traduire par des actions régulières. C’est pourquoi, il a initié une série de capsules vidéo, organisé des conférences et relancé les Café UDI, lieu de débat ouvert à tous. Il vient de mettre en place des groupes de travail, chargés d’inspirer le législateur français sur les bonnes pratiques observées au Québec et au Canada. Il voudrait, par exemple, voir le fédéralisme canadien s’appliquer en Europe.

D’ailleurs, il se dit très heureux de la place grandissante de l’UDI parmi les parlementaires français : « On l’a vu avec la loi Macron, la voix de l’UDI compte, la gauche a discuté avec nous pour que la réforme passe ».

Soutien à Frédéric Lefebvre? Un peu tôt…

Arthur de Lembeye reste attentif au travail parlementaire de Frédéric Lefebvre dans la circonscription. S’il soutient son idée de Revenu universel, il reste nuancé sur son combat pour la suppression de la CSG-CRDS ou sur la création de l’Âme nord. « On aurait pu aller plus loin », regrette-t-il. Il affirme toutefois qu’il est encore tôt pour juger son bilan et pour lui apporter le soutien de l’UDI dans la prochaine élection législative. « C’est un peu tôt, d’autant qu’il n’a toujours pas l’investiture des Républicains », se défend-il.

Fidèle à ses convictions, le jeune responsable annonce qu’il soutiendra un candidat qui aura des idées proches des siennes, des idées libérales. « Et surtout, un candidat qui nous démontrera qu’être député des Français de l’étranger, ce n’est pas un mandat comme les autres », conclut-il.

(crédit photo : UDI – Légende : l’équipe de l’UDI Montréal – de gauche à droite : Élias Ouannou, Arthur de Lembeye, Sarah Ouannou, Benjamin Boutin)

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