Louise Beaudoin veut redonner aux jeunes Québécois « le goût de la France »

Plus de visas pour les immigrants français au Québec et plus d’étudiants québécois en France, souhaite Louise Beaudoin. En conférence à Paris le 22 novembre, à l’invitation de l’association Francophonie sans frontières, l’ancienne ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie a désigné les jeunes comme étant porteurs de l’avenir des relations franco-québécoises.

Par Leïla Jolin-Dahel, journaliste et blogueuse
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« Il y a deux générations qui l’ont prise en main, cette relation France-Québec : celle de la Révolution tranquille et la mienne. Ce qu’on avait à faire, on l’a fait. Moi, je crois que ce qu’il reste à faire, c’est justement la nouvelle génération qui doit l’accomplir, par rapport au numérique, à l’environnement, sur des aspects qui les intéressent, qui sont des thèmes de l’ère du temps », a expliqué Mme Beaudoin, en entrevue à L’Outarde libérée.

Louise Beaudoin s’est réjouie de voir plusieurs jeunes, tant québécois que français, présents à la conférence. Elle n’a pas manqué de rappeler ses folles années d’étudiante à Paris en 1968, alors qu’elle prenait part à toutes les manifestations. Une scène ironique, puisque devant elle, se trouvait assise Line Beauchamp. Aujourd’hui déléguée générale du Québec à Paris, Mme Beauchamp avait été au cœur des grèves du Printemps érable en occupant le poste de ministre de l’Éducation en 2012.

« Il faut que les jeunes Québécois retrouvent le goût de la France et le chemin de la France », a-t-elle martelé, en suggérant l’octroi de bourses aux étudiants québécois afin qu’ils puissent venir en plus grand nombre à Paris.

Mais qu’est-ce qui explique ce désintérêt des Québécois pour les universités françaises ? Louise Beaudoin est demeurée perplexe face à cette question. « Je n’ai pas vraiment de réponse, a-t-elle concédé. Je pense que la France n’a pas été très attractive durant un long moment ».

Elle suggère toutefois des partenariats entre les grandes écoles françaises et les universités québécoises. « On pourrait faire des ententes de Polytechnique à Polytechnique, par exemple, au encore avec le HEC », a-t-elle suggéré, après été questionnée au sujet du manque d’attrait des universités françaises au profit des grandes écoles.

Parler français, une priorité

Louise Beaudoin n’a pas manqué d’écorcher le président français Emmanuel Macron, qu’elle a accusé de ne pas se préoccuper suffisamment de l’avenir de la langue française. « Je pense que c’est un problème. Il n’apparaît pas préoccupé par l’avenir de la langue française car il parle anglais dès qu’il le peut. Il ne donne pas le bon exemple », a-t-elle déclaré durant la conférence, en ajoutant plus tard qu’elle trouvait cela « enfantin » et « ridicule ». 

L’ancienne ministre a toutefois concédé que le fait d’avoir élu un jeune président permettra peut-être à la France de devenir plus attrayante auprès des jeunes Québécois.  Mais, selon elle, «il faut qu’il y ait une volonté politique, qu’il y ait des actions concertées. Par exemples, pour les étudiants, qu’on leur facilite la venue ici par des bourses. Le coût du logement est prohibitif ici. Tout le monde le sait, vivre à Paris, c’est cher », a-t-elle expliqué.

Selon elle, le taux de chômage important en France ne devrait pas décourager les jeunes Québécois d’étudier en France « Tu peux venir étudier, mais tu n’es pas obligé de rester ici. C’est vrai que cela peut jouer en la défaveur de la France alors que le Québec connaît une situation inverse », a-t-elle expliqué en arguant que « la machine économique est repartie » en Hexagone.

Elle a d’ailleurs suggéré une augmentation du nombre de visas pour les Français désireux de s’installer au Québec, ainsi que des procédures d’immigration facilitées.

« Je crois que l’immigration française pour le Québec, c’est un gros bénéfice. D’abord, ils parlent français. Ensuite, ils deviennent des Français de bonne humeur une fois qu’ils débarquent chez nous. Je crois vraiment que l’immigration en provenance de la France », a-t-elle avancé.

(crédit photo: Archives l’Outarde Libérée)

 

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