L’humour interactif de Patrick Timsit à l’Olympia de Montréal

Patrick Timsit était à l’Olympia de Montréal le 18 février dernier, pour présenter la dernière de son one-man show On ne peut pas rire de tout. Une salle presque comble pour un artiste qui aura su surprendre du début à la fin.

Par Manon Lefevre-Mons 

On connaît Patrick Timsit pour ses nombreux rôles au cinéma, pour sa présence au théâtre, mais très peu pour ses one-man-show. Présenté dans cette salle mythique de l’Olympia, sur laquelle il fera d’ailleurs quelques blagues, On ne peut pas rire de tout, sonne comme le spectacle qu’il fallait dans cette période française compliquée. On se questionne dans le spectacle, sur les sujets dont on peut rire, et ceux qu’il ne faut mieux pas aborder. Une question brûlante et délicate, puisque la frontière est parfois mince entre humour et moquerie pure.

La participation du public

Pendant toute la durée du spectacle, Patrick Timsit a fait participer le public. C’est avec lui qu’il décidait, si oui ou non, nous pouvions rire de tel sujet. Les cris d’étonnement, les applaudissements, les rires, les sifflements étaient autant de manières de connaître les limites de son public. Car, comme dans tout spectacle, le contenu s’adapte, se construit autour des réactions. Le public montréalais, lui, était particulièrement motivé, capable de rire de tout, sans jamais (ou presque) s’offusquer. Patrick Timsit, décontracté prenait son temps, riait parfois même de certaines réactions, ou des ses blagues. Un vrai moment de partage, agréable à voir et entendre.

Une deuxième partie plus mitigée

Le spectacle de Patrick Timsit On ne peut pas rire de tout, semblait se diviser en deux parties. La première partie provoquait des fous rires, et la deuxième, en fin de spectacle, était beaucoup plus calme. Des sourires, mais beaucoup moins qu’en première partie. Peut-être à cause de la fin de soirée (environ 22 h 30), ou alors des sujets. Quoi qu’il en soit, cela n’entachait en rien la qualité générale du spectacle. On s’étonnait même parfois de trouver une blague drôle, sans oser vraiment assumer de rire. La faute au politiquement correct.

On ne peut pas rire de tout, aura eu le mérite de nous faire réfléchir sur les sujets drôles, ou non. Sur notre manière d’approcher l’humour, et de lui donner des limites. C’est avec une citation du Barbier de Séville de Beaumarchais que Patrick Timsit a d’ailleurs choisi de finir son spectacle “Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer.”  

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