Lescure lance une mission pour évaluer les coûts du mouvement des gilets jaunes

Le député des Français établis en Amérique du Nord à organisé une mission parlementaire appelée « impacte gilets jaunes » pour mesurer « les coûts économiques et budgétaires » du mouvement social qui travers la France depuis mi-novembre.

Par Jacques Simon

Voilà qui ne va pas le réconcilier avec François Ruffin. Roland Lescure est passé à l’acte après en avoir parlé depuis plusieurs semaines et publié une tribune dans Les échos fin mars : une mission parlementaire a été lancée, jeudi 9 mars, pour essayer de chiffrer le coût du mouvement social des gilets jaunes qui fait rage en France depuis bientôt six mois. Il s’agit de faire « un inventaire précis des impacts pour une prise de conscience des coûts du désordre » explique le député qui se défend de vouloir faire du « gilet jaunes bashing ».

La mission est coorganisée par la Commission des Finances, présidée par Éric Woerth. Si le président de la mission Damien Abad a affirmé qu’elle serait « transpartisane », on ne peut qu’observer que la droite y est surreprésentée. Avec les députés de la majorité—dont Lescure—ce sont des parlementaires issus des partis Les républicains, Modem, et Agir qui composeront la mission. La gauche, elle, est absente : si Ruffin et Sébastien Jumel du PCF ont assisté à la réunion de lancement, ils ont fini par « boycotte[r] ».

Accroches avec François Ruffin

Mi-avril, Lescure et Ruffin s’étaient accrochés par lettre interposée. Après avoir annoncé sa volonté de créer la mission, le député des Français de l’étranger avait reçu une lettre de l’Insoumis dans lequel il appelait à lancer une contre mission portant sur « les bénéfices » du mouvement social. Dans sa réponse, Lescure fustigeait l’« incapab[ilité] de séparer le manifestant exprimant sa colère du casseur éructant sa haine et sa bêtise ». « En tant que Président de la commission des affaires économiques, écrivait le député, il m’appartient de réagir quand des artisans et des commerçants sont menacés de défaillances, quand des milliers de salariés sont contraints au chômage technique, quand la fréquentation touristique baisse et que les activités qu’elle génère sont menacées et quand, en conséquence, la croissance de notre pays en est impactée ».

Lorsque l’Outarde libérée avait interviewé Roland Lescure en janvier, il parlait déjà d’« une frange extrême qui commet des actes totalement impardonnables » dans le cadre des manifestations du samedi. « Après les mesures annoncées par le président juste avant Noël, et votées — très rapidement — par le parlement, je pense que la colère devait légitimement retomber » espérait-il alors.

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