Les socialistes de Montréal lancent le club Jean-Jaurès et votent des motions contre Sarkozy et Lefebvre

Alors que les États généraux du Parti Socialiste (PS) ont clôturé leurs débats en fin de semaine, la section de Montréal est en pleine effervescence. Sous la houlette de leur secrétaire de section, Ramzi Sfeir, les socialistes veulent plus que jamais contribuer au débat national, et lancent le Club Jean-Jaurès pour créer du lien social.

« Nous voulons contribuer au débat et défendre nos valeurs! », lance Ramzi Sfeir. Le jeune secrétaire de la section du PS de Montréal veut capitaliser sur l’expérience de ses compatriotes au Québec pour contribuer au débat national, mais aussi faire connaître les prises de position des socialistes de Montréal sur des sujets tant nationaux que locaux.

Lors de la dernière réunion de section du 3 décembre, les militants présents ont d’ailleurs adopté trois motions à l’unanimité. Ils ont félicité la canadienne Michaëlle Jean pour son élection à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie, mais ils ont également condamné les propos de Nicolas Sarkozy « en date du 25 novembre 2014 sur le lien entre les origines de Rachida Dati et la politique pénale, ainsi que sa tentative d’humour sur la couleur de peau de madame Rama Yade. » Ils ont enfin dénoncé les « propos irresponsables » du député de la circonscription, Frédéric Lefebvre, et condamné son vote contre la reconnaissance de l’État de Palestine le 2 décembre dernier.

Le Club Jean-Jaurès, incubateur de lien social

Pour dépasser le cadre du PS et « créer du lien social », les socialistes de Montréal ont également lancé le Club Jean-Jaurès, association créée au Québec en 2013. « Ça fait très longtemps que la gauche est impliquée dans différentes associations, explique le secrétaire de la section, aujourd’hui on veut coordonner tout ça ». Le club se veut un « lieu d’échanges et de solidarité » selon son président Ramzi Sfeir. Il affirme cependant vouloir l’élargir à tous les citoyens qui « sont à l’aise avec les valeurs de gauche ». L’association a vocation à générer des idées et ainsi alimenter le débat national en France, mais aussi à contribuer concrètement à des projets locaux sur le terrain. Universitaires et sommités seront invités par le club pour éclairer les débats. « Même si c’est une initiative de la section socialiste de Montréal, le club est ouvert et ne sera pas dirigé que par des socialistes », assure Ramzi Sfeir. Pour le moment, les membres dirigeants sont effectivement des militants et proches du PS. Deux projets sont actuellement sur l’ouvrage du club : la proposition de création d’un ordre des psychologues, initié par un psychologue communautaire français de Montréal, et un projet culturel, qui dépassera le cadre de la gauche, et dont les détails seront dévoilés dans les semaines qui viennent.

Montréal, une section importante, la plus importante hors Europe

« On remarque un rajeunissement de la section », admet Ramzi Sfeir. Il explique que des étudiants français ont rejoint la section car ils se sont sentis défendus par le président François Hollande lors de sa visite au Québec en novembre lors de sa prise de position sur les frais de scolarité. La section de Montréal, forte de près d’une centaine de membres, est l’une des plus importantes sections hors Europe. Le PS compte 93 sections dans le monde, et Ramzi Sfeir est élu à la Fédération des Français de l’étranger du parti. Alors que « réformateurs » et « frondeurs » se sont affrontés lors des États généraux du PS, pour se retrouver autour d’une « Charte des socialistes pour le progrès humain », Ramzi Sfeir reste serein : « À Montréal, on reflète également la diversité de ce parti ». Quant à la politique du premier ministre Manuel Valls, le secrétaire confesse que la section se réserve le droit de saluer les « bons coups » et de critiquer les « moins bons ». « On ne parle pas entre gens convaincus mais entre gens à convaincre », conclut Ramzi Sfeir.

4 Réponses

  1. Christian
    Christian at |

    C’est certain que dans « Club Jean-Jaurès », ‘y a ni « PS » ni « socialiste », donc ça fait moins peur! Car sérieusement, y a-t-il encore des Français pour douter que le PS est mort?

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  2. Arnaud
    Arnaud at |

    Pourquoi des socialistes français s’entêtent a vivre dans le 6eme pays le plus libéral du monde économiquement alors que la France est 70eme? Bizarre.

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  3. Bertrand
    Bertrand at |

    Sur les 100 membres, je serais bien curieux de savoir combien sont a jour de cotisation ?
    Quand a critiquer l’action de Valls, cela ne doit être possible qu’a dose homéopathiques !

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    1. Poupette
      Poupette at |

      Bertrand, il parait qu’ils ratissent du coté de l’UMP pour peupler leur Club. C’est dire.

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