L’élection d’Emmanuel Macron soulage le Canada

De passage à Montréal la semaine dernière à l’invitation du Corim, l’ambassadeur du Canada en France, Lawrence Cannon, a fait le bilan des années Hollande et dessiné les contours de l’ère Macron qui s’ouvre en France, mais aussi l’avenir des relations entre les Canada et la France sur fond de grogne européenne contre l’AECG (1).

Par Nathalie Simon-Clerc

L’hôtel Westin accueillait le 18 mai dernier, l’une des dernières conférences de la saison du Conseil des Relations Internationales de Montréal (Corim), devant un parterre de décideurs économiques. Alors qu’il s’apprête à quitter son poste diplomatique parisien, Lawrence Cannon a jugé ainsi les années Hollande. « Il a quitté la présidence dans un haussement d’épaules général et personne ne s’est réclamé de son héritage politique », a livré le diplomate.

Il a salué les succès internationaux de François Hollande mais son échec sur le plan du chômage et de la réduction de la dette publique. « Elle pourrait atteindre 100% du PIB en 2017 », commente-t-il. Il note que l’intégrité de l’ancien chef de l’État reste « intacte, par contraste avec la révélation du manque de scrupules des candidats à sa succession, notamment de M. Fillon et Mme Le Pen ».

« Émmanuel Macron a désamorcé le populisme européen »

Il se réjouit de l’élection d’Émmanuel Macron, « le seul candidat qui a soutenu ouvertement l’AECG durant la campagne électorale. » Il note que 75% des Français n’ont voté ni pour le Parti Socialiste, ni pour Les Républicains, et ajoute que « 11 millions de Français ont voté pour un programme xénophobe, protectionniste et opposé à la construction européenne ». Selon M. Cannon, la France est déboussolée et à la recherche d’elle-même. Toutefois, il assure que « l’élection d’Émmanuel Macron a désamorcé le populisme européen ».

Le diplomate canadien a défini les trois clefs de la réussite du président Macron : l’appui politique d’une majorité parlementaire, des circonstances économiques favorables et un contexte mondial calme.

L’AECG, enjeu des élections françaises

« La France est le 7e partenaire commercial du Canada et dispose d’une grande place dans la constellation commerciale canadienne », fait valoir Lawrence Cannon, qui rappelle que l’AECG, remis en cause durant la campagne électorale française, est un dossier prioritaire pour le Canada.

Il se dit confiant quant aux conclusions des experts indépendants que le président Macron a promis de nommer pour examiner l’impact de l’accord sur l’environnement et la santé. « Il a annoncé cela entre les deux tours dans un souci de rassemblement mais je ne crois pas que nous devrions craindre cet examen indépendant ».

Il rappelle que le Canada et l’Union Européenne ont inclus des dispositions novatrices sur le développement durable, l’environnement et le travail dans l’accord.

« L’appui d’Émmanuel Macron à l’AECG est un choix cohérent avec sa vision politique pro-européenne et libérale », énonce le diplomate.

Quant aux relations à l’intérieur du « triangle Ottawa-France-Québec », elles ont été fructueuses ces dernières années selon M. Cannon. « Il y a une forte volonté de préserver et développer les liens culturels et historiques qui nous lient », conclut le diplomate.

(1) Accord Économique Commercial Global, appelé CETA en France

Entrevue complémentaire avec Lawrence Cannon:

Les conférences du Corim: www.corim.qc.ca

(crédit photo: Nathalie Simon-Clerc)

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