L’école buissonnière, une histoire à la Pagnol en Sologne

Le 22 juin dernier, le film « L’école buissonnière » du réalisateur Nicolas Vannier, a pris l’affiche au Québec, mettant en vedette François Cluzet, Éric Elmosnino, François Berléand et le jeune Jean Scandel, pour la première fois à l’écran. Mais c’est aussi la Sologne qui est la vedette de cet hymne à la nature.

Par Pascal Eloy, critique et chroniqueur

Le film raconte l’histoire de Paul, qui, dans le Paris des années 30, n’a, comme seul horizon, que les hauts murs de son sévère orphelinat de banlieue. Un jour, il est confié à Célestine, une dame de la campagne dont le nom figurait, on ne sait trop comment dans son dossier. Paul débarque, ainsi, dans un vaste domaine mystérieux, en Sologne ; domaine appartenant au Comte de la Fresnaye dont Célestine est la bonne. Au cœur de cette région étonnante pour un enfant de la ville, Paul va faire l’apprentissage de la vie aux côtés de Totoche, un braconnier, un rien revêche, mais amoureux de la nature, de la forêt et de ses habitants les plus secrets.

Passionné par les grands espaces et la nature, Nicolas Vanier, le réalisateur, a filmé l’intégralité de son long-métrage en décor naturel en Sologne, où il a grandi. Pour ce projet, il s’est entouré de François Cluzet (Totoche, le braconnier), Éric Elmosnino (Borel, le mari de Célestine), François Berléand (le Comte de la Fresnaye), et du jeune Jean Scandel, pour la première fois à l’écran dans le rôle de Paul. N’oublions pas un acteur essentiel de ce film… la Nature !

Un tournage en Sologne

Avec des figurants, tous Solognots, recrutés via des appels lancés dans différentes mairies, et un tournage en 44 jours, le film représente un vrai défi comme le rapporte son producteur Matthieu Warter : « Nous n’avons pas tourné en studio, les scènes du début du film à Paris ayant été faites à Orléans. En revanche, le défi était logistique. La Sologne s’étendant sur trois départements, nous avons dû rationaliser l’organisation du tournage pour faciliter les accès aux plateaux, aux hôtels. Encore une fois, le travail de repérages fait par Nicolas et son directeur de production nous a beaucoup aidés ».

En amont du tournage, Nicolas Vanier et François Cluzet se sont retrouvés en Sologne pour faire des balades en forêt, pêcher et approcher divers animaux comme des sangliers et des chevreuils. Il en a été de même avec le choix de Jean Scandel car comme le dit Nicolas Vanier : « Jean s’est finalement imposé par son intelligence et son sens du jeu. Il faut dire qu’il a dû donner dès le début la réplique à François Cluzet qui est venu en personne pour ces essais. C’est un jeune garçon naturellement doué mais j’ai également décelé chez lui une sorte de fêlure, quelque chose d’intérieur, de très touchant, qui le rendait crédible comme petit orphelin. Je n’ai jamais regretté ce choix, je le trouve merveilleux. »

Et cela se sent, dès le début de ce film, un peu cousu de fils blancs quant à son histoire, mais qui évolue, néanmoins, comme un certain passage de flambeau entre les générations, comme un temps hors du temps pour le dialogue et un retour aux sources naturelles. De plus, les images de la Sologne sont fabuleuses, créant, dans ce film, une étrange atmosphère païenne qui contribue largement aux valeurs que l’auteur a voulu nous partager dans son travail.

Partez faire « l’école buissonnière » !

Certains médias parisiens ont tiré à boulets rouges sur ce film. Grand bien leur fasse, c’est qu’ils n’ont pas encore compris ce qui fait le sens de la vie, une vie simple et tranquille, en harmonie avec la nature et les autres êtres vivants. Alors, complicité et rivalité, petits tracas et tromperies, avec quelques situations cocasses, contribuent ici à mettre en évidence le jeu, peut-être un peu outrancier, de François Cluzet, et d’Éric Elmosnino. Mais, en même temps, comment ne pas craquer devant la qualité de la photographie qui magnifie un cerf royal ou parvient à capter la brume mystérieuse du petit matin.

Enfin, un hommage tout particulier à François Berléand qui, selon moi, devient, avec les années, un magnifique acteur mélangeant le côté bourru d’un Gabin avec la tendresse à fleur de peau d’un Ventura. Bravo, Monsieur, et merci !

Alors, si vous voulez faire une surprenante ballade dans une Sologne lumineuse et resplendissante, si vous voulez aussi admirer des acteurs au jeu très juste, dans une histoire à la Pagnol, si vous voulez retrouver des valeurs loin du fossé que l’homme a creusé, en quelques dizaines d’années, entre lui et la nature n’hésitez plus, partez faire « L’école buissonnière »! Vous ne le regretterez assurément pas.

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