Le rêve ovale du franco-canadien Benoit Piffero

Aujourd’hui est un jour spécial pour Benoit Piffero. L’équipe du Français de 28 ans né à Montréal, talonneur du XV canadien, va jouer un match de coupe du monde contre la France. Il aurait pu porter le maillot rouge au coq gaulois, c’est celui à la feuille d’érable qui l’a choisi.

« Pour moi, ce sera très particulier », lâche Benoit Piffero. Le talonneur franco-canadien des Canucks, formé à l’AS Montferrand puis à Montpellier, a rejoint le XV canadien en novembre 2013. Il a joué les deux dernières saisons à Blagnac, et jouera la prochaine au Castanet, en Fédérale 1, le 3e niveau de rugby de l’Hexagone. Ce soir, son équipe affrontera ses compatriotes français, sur la pelouse du Stadium MK de Milton Keynes, pour le 3e match du Canada dans la poule D, celle de la France. « Je suis toujours supporter de l’équipe de France, car c’est le rugby que j’aime », assure le rugbyman. Pourtant, même s’il n’est pas sur la feuille de match, il croît en l’équipe canadienne qui, malgré les défaites, a posé des difficultés à l’Irlande, et surtout à l’Italie qu’elle a bien failli battre. « Si on se concentre que l’on ne se laisse pas submerger par l’émotion, on peut causer des soucis à l’équipe de France », prédit Benoit Piffero. Si gagner la coupe du monde n’est pas un objectif atteignable pour les Canadiens, jouer le meilleur rugby possible est au rang des ambitions des Canucks. « On ne remplacera pas le hockey par le rugby, mais on a des joueurs de très bon niveau », estime le joueur franco-canadien.

Une première sélection en équipe canadienne

crédit : Benoit Piffero
crédit : Benoit Piffero – Twiiter

C’est à ses parents, émigrés à Montréal de 1987 à 1990, que le rugbyman doit sa participation à la Coupe du monde de Rugby. Né dans la métropole francophone il y a 28 ans, Benoit Piffero acquiert la double citoyenneté, française et canadienne. Il passe son enfance et sa jeunesse à Issoire, Montferrand, Montpellier et Romans, jusqu’à ce jour de 2012, ou il est contacté par le club de Burnaby, en Colombie-Britanique, fief du rugby canadien. « J’accepte la proposition, pour l’expérience et pour découvrir ce pays qui est aussi le mien », explique le talonneur. Mais avant de rejoindre Vancouver, il passe par le Québec qu’il a quitté 20 ans plus tôt, et joue pour St-Anne-de-Bellevue. Il est convoqué pour jouer dans la sélection provinciale, puis rejoint la Colombie-Britanique, pour évoluer dans le championnat canadien le plus relevé. Il est rapidement convoqué pour un stage en équipe nationale canadienne, et alors qu’il est rentré à Blagnac, il est appelé en sélection nationale, les Canucks, en novembre 2013 pour disputer son premier match. Depuis, il n’a pas quitté la sélection canadienne avec laquelle il a disputé 11 matchs.

Le rugby a un avenir au Canada et au Québec

« Le problème du rugby au Canada, ce sont les distances et la météo », explique le talonneur franco-canadien. Pourtant il ne désespère pas que ce sport prenne de l’ampleur dans les années à venir à travers le pays, et surtout au Québec. Selon lui, beaucoup de clubs font un travail de fond, en allant recruter dans les écoles et les universités. « Mais il faudra des conditions d’entrainement optimales et de très bons coachs! », lance le rugbyman. Il cite en exemple le Français d’Angoulême, François Ratier, entraineur du XV féminin canadien, finaliste de la coupe du monde en 2014.

Même si aujourd’hui sa vie est en France, à Toulouse, Benoit Piffero n’exclut pas de revenir au Québec un jour, pour aider le rugby à se développer. « J’aime beaucoup Montréal », justifie le talonneur. Titulaire d’un master en commerce, il occupe un poste de commercial dans un agence d’intérim à Toulouse, et continue de jouer au rugby en Fédérale 1. Pourtant, signer un « contrat pro » avec un club pourrait aussi l’amener à réviser son plan de carrière. Pour le moment il vit la coupe du monde avec « beaucoup de joie, d’enthousiasme et d’excitation », et fait un vœu : « Aujourd’hui, je suis le seul joueur du Québec de l’équipe canadienne, et j’espère qu’il y en aura plus dans l’avenir ».

Le site de la Coupe du monde de Rugby

Pour suivre le match à Montréal

(crédit photo Une : Rugby Canada – Twitter)

Une réponse

  1. fayolle
    fayolle at |

    Allez, courage!
    Vous avez (le Québec) des costauds, sortez les des bois et faites les courir avec un ballon.
    Et pour ce soir, pourquoi pas.
    J’ai connu il y a peu une équipe d’Italie qui faisait « rigoler » jusqu’au jour où… la France a pris la claque!
    Didier

    Reply

Laisser un commentaire