Le président Emmanuel Macron fait un passage éclair à Montréal

Avant de se rendre à La Malbaie pour le G7, le président de le République française, Emmanuel Macron, a fait un passage éclair à Montréal hier, pour rencontrer Philippe Couillard, le Premier ministre du Québec et vanter les mérites de sa politique auprès de la communauté française de la métropole québécoise.

Par Nathalie Simon-Clerc

Acclamé par ses partisans alors qu’il monte sur scène, le président Macron a prononcé un discours de 35 minutes devant la communauté française de Montréal, rassemblée au Centre des Sciences de Montréal ce 7 juin 2018.

« Les engagements pris sont tenus et seront tenus », a asséné le chef de l’État devant les éventuels sceptiques. D’ailleurs, il a assuré que le vote électronique serait mis en place pour la prochaine élection présidentielle, pour les Français de l’étranger. Le président Macron a justifié, à 6 000 kilomètres de l’Hexagone, quelques points de la politique menée par le Premier ministre français Édouard Philippe. Il a vanté « la société du mérite et de l’émancipation » qu’il appelle de ses voeux.

Il a rappelé qu’il veut la transformation numérique du pays et que le gouvernement qu’il a nommé est le premier à s’engager sur la fermeture de toutes les centrales thermiques et à charbon d’ici la fin du quinquennat. Le président français a défendu sa politique agricole, sur la sellette ces dernières semaines, notamment avec le rejet de l’interdiction du glyphosate par la majorité LREM la semaine dernière. « Aucun gouvernement ne s’était engagé aussi vite et aussi fort pour transformer nos méthodes de production en matière agricole », a-t-il justifié. 

Il a indiqué aux Français de Montréal, qui ont voté pour lui à plus de 90% lors de l’élection présidentielle, qu’il comptait bien continuer « au même rythme et à la même intensité cette grande transformation du pays ».

Il a également rappelé l’importance des élections européennes qui se profilent. « N’oubliez pas les élections européennes! Faites votre devoir de citoyens! », a-t-il lancé. En conclusion, le président Macron n’a pu résister à inciter les Français de l’étranger à rentrer au pays: « Ramenez aussi votre énergie chez nous, pour faire réussir la France ».

« Une relation franco-québécoise stratégique et en même temps affective », pour Macron

Auparavant il s’était entretenu avec Philippe Couillard, le Premier ministre du Québec, avec lequel il a évoqué les dossiers franco-québécois du moment.

  • La mobilité des jeunes et plus particulièrement celle des étudiants entre la France et le Québec. Le déséquilibre entre les 10 000 étudiants français du Québec et les deux mille étudiants québécois en France ne satisfait pas Philippe Couillard. Le président Macron les a incité à venir étudier en France.  » Venez passer quelques années en France, nous vous attendons avec plaisir et c’est une porte pour l’accès à la connaissance, la compréhension de l’Europe. », a-t-il indiqué.
  • La convergence de vue entre le Québec et la France pour défendre l’Accord de Paris et la lutte contre les changements climatiques. Il a vanté le marché du carbone mis en place par la Californie, le Québec et l’Ontario, même si le Premier ministre ontarien, nouvellement désigné, Doug Ford, a promis d’en sortir.
  • Les dirigeants ont également annoncé la création, par la Banque publique d’investissement (BPI) et la banque coopérative Desjardins, d’un fonds d’investissement de 75 millions d’euros pour aider les entreprises françaises et canadiennes dans leurs démarches d’installation.

Intelligence artificielle, oui mais…

L’intelligence artificielle fut également au coeur des discussions entre les deux dirigeants. Ils ont rappelé leur même souci éthique en ce domaine et les mêmes valeurs partagées. Pourtant, plus question d’Organisation Mondiale de l’Intelligence artificielle (Omia) que Philippe Couillard avait annoncé en mars dernier en France, et dont il souhaitait le siège à Montréal.

De son côté, et devant la communauté française, le président Macron souhaite un organisme équivalent du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour prévenir les dérives de l’Intelligence artificielle. Le matin même à Ottawa, il a annoncé avec Justin Trudeau, le Premier ministre du Canada, la mise en place d’un groupe de travail, « de très haut niveau indépendant, comparable en effet au GIEC qui est devenu la référence mondiale en matière de lutte contre le réchauffement, qui permettra d’organiser le débat, de donner un cadre aux évolutions technologiques et scientifiques de manière crédible et efficace, mais surtout en étant sensible à la confiance démocratique que ces avancées requièrent. »

Les deux dirigeants, français et québécois, se sont contentés d’une déclaration d’intention conjointe, dans laquelle ils se « réjouissent des ententes et partenariats noués récemment » dans ce domaine. De plus, un groupe de travail commun sur la science et les données ouvertes va être mis en place.

Michaelle Jean, la pomme de discorde

La prochaine présidence de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) reste un sujet de discorde entre la France et le Québec. Alors que Philippe Couillard a réitéré son soutien à Michaelle Jean, l’actuelle présidente québécoise de l’OIF, le président Macron donnerait son appui à la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, s’il celle-ci rencontre l’unanimité africaine. Emmanuel Macron a rappelé que l’épicentre de la francophonie était maintenant en Afrique.

Tous deux ont cependant souligné l’importance des décisions pour « une bonne gouvernance », et le président Macron a assuré: « Nous avons une volonté commune qui est d’améliorer la gouvernance, d’œuvrer à la réforme, à la clarification des missions de cette organisation internationale. »

(crédit photo: Nathalie Simon-Clerc)

Retrouvez l’intégralité du discours d’Emmanuel Macron à Montréal, le 7 juin 2018:

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