Le philosophe français Didi-Huberman présente l’exposition Soulèvements à Montréal

L’exposition Soulèvements achève sa tournée à la galerie de l’UQAM et à la Cinémathèque québécoise, du 7 Septembre au 24 Novembre.

Par Camille Balzinger

Partie du musée du Jeu de Paume à Paris en 2016, Soulèvements est une installation pluridisciplinaire sur le thème de la révolte. C’est après une présence à Barcelone, Buenos Aires et Mexico qu’elle arrive à Montréal.

Divisée en cinq chapitres, cinq parties, la visite commence à la galerie de l’UQAM avec les thématiques des éléments (déchaînés), des gestes (intenses), et des mots (exclamés). Elle continue et se termine à la Cinémathèque Québécoise avec les conflits (embrasés) et les désirs (indestructibles).

L’empreinte de son commissaire Georges Didi-Huberman, philosophe et historien de l’art français, transparait dans la grande qualité des textes, et dans le cheminement socio-philosophique entre les œuvres exposées. D’une amorce de soulèvement, de son imagination à son apparition, et à son résultat, on comprend les enjeux de pouvoir et la beauté d’une unité humaine dans la révolte. Sans proposer de jugement, sans considérer les revendications des moments exposés, Soulèvements

« De Goya à nos jours », propose Didi-Huberman. L’exposition a été adaptée au public québécois, avec l’inclusion d’œuvres documentaires et photographiques canadiennes et québécoises traitant de problématiques locales – la révolte étudiante de 2012, les courants féministes d’ici, ou le mouvement autochtone Idle No More entre autres. Si l’exposition s’est adaptée ici, elle est toujours teintée de ses précédents passages hispanophones. Les conflits zapatistes du Chiapas mexicain côtoient l’Offrande silencieuse de la canadienne Shary Boyle.

C’est finalement une exposition humaniste, montrant le beau en abandonnant l’idée de convaincre. Une belle preuve que les idées et l’art peuvent ensemble exposer simplement, sans chercher à prouver. C’est l’explication simple et magnifiée d’un processus collectif et, par certains aspects, universel.

L’exposition se tient à la galerie de l’UQAM jusqu’au 24 Novembre et jusqu’au 4 Novembre à la Cinémathèque québécoise.

 

Photo de Une:Cortège et manifestation du Front populaire – Agence de presse Meurisse, Paris – Février 1936
1 photogr. nég. sur verre ; 13 x 18 cm (sup.) ou moins
Bibliothèque nationale de France, département Estampes et Photographie, EI-13 (2916)
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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