L’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë, plaide la cause de la « ville durable » à Montréal

C’est une « standing ovation » qui a salué la prestation de Bertrand Delanoë la semaine dernière à Montréal. Le maire honoraire de Paris, invité de la 2ème édition des rendez-vous Collectivités viables, a fait le récit des 13 années de son administration municipale, qui ont mis la capitale française sur la voie du développement durable.

Par Nathalie Simon-Clerc

« Il faut écouter battre le cœur d’une ville, en être amoureux pour transformer durablement sa ville », a lâché l’ancien maire de Paris devant une assistance subjuguée par son exposé. Denis Coderre, maire de Montréal, Valérie Plante, cheffe de l’Opposition officielle et Jean-François Lisée, chef du parti Québécois, avaient pris place au Monument National de Montréal, le 25 mai dernier, pour écouter la conclusion du colloque organisée par Vivre en Ville sur le thème : « Planifier une croissance à faible impact climatique ».

« La ville est un espace de civilisation et la ville du 21ème siècle a des responsabilités », a plaidé le maire honoraire de Paris. L’élu visionnaire sait de quoi il parle.  Alors qu’il prenait les commandes de la capitale française en 2001, l’homme de gauche avait déjà perçu que le mode de vie des Parisiens était en mutation alors que les politiques municipales ne changeaient pas. « Les parisiens utilisaient peu ou pas leur voiture ou n’en avaient pas, ils aspiraient à une qualité de l’air et une qualité de ville, ils avaient envie de diversité générationnelle, sociologique et culturelle », justifie l’ancien élu. On lui doit aujourd’hui Vélib, Autolib, le tramway, un plan de circulation repensé, des espaces verts… entre autres réalisations.

Développer le sentiment d’appartenance

La mise en œuvre ne s’est pas faite sans tensions ni heurts reconnait M. Delanoë, qui ajoute que « Transformer durablement sa ville, c’est la comprendre, c’est la sentir mais c’est oser ». Il a consulté les Parisiens pour des projets importants pour les mettre au cœur de l’élaboration du projet. « Il faut faire appel à l’intelligence des citoyens », affirme-t-il. De même, il a voulu développer le sentiment d’appartenance à la capitale en traitant toutes les parcelles de la ville avec la même attention. « On a eu la même ambition architecturale pour la fondation Vuitton que pour les logements sociaux, indique l’ancien maire, il fallait que chacun ait sa place à Paris ».

La démocratie et la gestion financière rigoureuse des projets de transformation de la ville sont, selon le maire honoraire de Paris, des moyens nécessaires pour parvenir à ce qu’il appelle « l’art de vivre en ville ». Selon lui, le développement durable d’une cité doit s’accompagner des dimensions culturelles, sociales et économiques pour entraîner l’adhésion des citoyens. L’initiateur de Paris-Plage ou de la Nuit Blanche insiste la place de la culture dans le projet de ville, arme contre les idéologies terroristes. « Il n’y a pas de projet urbain sans une vraie ambition culturelle, de proximité et de grand projet », fait-il valoir.

Le mot urbain est un très beau mot, car il définit à la fois ce qui est civilisé et ce qui est la ville (Renzo Piano)

La diplomatie urbaine de Denis Coderre

Même s’il s’était interdit de parler de politique française, Bertrand Delanoë n’a pas manqué pas d’étayer son exposé de références macronistes, « que je ne récuse pas », concède l’homme de gauche qui a rallié Emmanuel Macron en mars 2017.

Denis Coderre a salué « l’homme d’exception et de vision, qui a changé la ville-lumière de façon exceptionnelle ». Le président de Métropolis, militant de la ville comme gouvernement de proximité, affirme que « la diplomatie urbaine offre un nouveau contrepoids qui permet d’accompagner les autres niveaux de gouvernement ». Il en veut pour preuve l’implication des villes dans la COP21 : au nombre de 20 à Copenhague pour la COP20, les représentants des villes étaient 1 000 à Paris.

(crédit photo: Nathalie Simon-Clerc)

Notre entrevue avec Bertrand Delanoë:

 

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