L’ambassadeur Philippe Zeller quitte le Canada aujourd’hui et part sur un bilan « très positif »

Philippe Zeller quitte Ottawa après trois ans et demi à la tête de la diplomatie française au Canada. L’ambassadeur de France fait le bilan de son action dont le point d’orgue restera la visite officielle du président François Hollande. Il délivre également un dernier message au Canada en l’incitant à revenir dans le concert des nations qui comptent à l’ONU.

L’ambassadeur Philippe Zeller dresse un « bilan très positif » de l’action diplomatique qu’il a conduit depuis septembre 2011. « L’approfondissement des relations politiques » entre les deux pays a abouti à la visite officielle du président Hollande en novembre dernier. Aux relations politiques confortées, il ajoute des échanges économiques fructueux, issus de la diplomatie économique voulue par le ministre Laurent Fabius, et dont il a fait une priorité.

Philippe Zeller justifie le choix parfois controversé de commencer la visite officielle de François Hollande en Alberta, terre de Stephen Harper mais aussi des sables bitumineux, par l’émergence économique et démographique de l’Ouest canadien.

Le diplomate emporte également « le souvenir fort » d’avoir remis, au nom de la France, la légion d’honneur à 650 vétérans canadiens du Jour-J.

C’est un réseau diplomatique et français important que Philippe Zeller laisse à son successeur Nicolas Chapuis. Ce qu’il définit comme le « réseau de l’action publique française au Canada », compte plus de 200 personnes, cinq consulats et 11 consuls honoraires à travers le pays. C’est également l’un des plus beaux bâtiments du réseau diplomatique français que Philippe Zeller transmet à son successeur. L’ambassade de France à Ottawa a été construite dans les années 30, dans le plus pur style « Art déco ». « Pendant trois et demi, j’ai pris beaucoup de plaisir à travailler, mais aussi à vivre dans ce bâtiment », confie Philippe Zeller.

La France appuierait une nouvelle candidature du Canada au Conseil de sécurité de l’ONU

Dans une entrevue à la Presse Canadienne la semaine dernière, Philippe Zeller considère que le Canada est une acteur important de la scène internationale et que la France appuierait donc une candidature du Canada à un siège non permanent au Conseil de sécurité de L’ONU. Il indique également que les deux pays partagent une même vision sur 90% des problèmes du monde, même si les Conservateurs de Stephen Harper semblent avoir consacré moins de temps aux relations avec l’ONU. Il cite en exemple, le retrait du protocole de Kyoto et de la Convention pour combattre la désertification en Afrique. Sur ce dossier, Philippe Zeller regrette la décision du Canada, qui a pourtant toujours développé des politiques d’aides depuis les années 60.

L’ambassadeur sur le départ a rappelé que la France et le Canada sont alliés sur des dossiers comme le G7, le G20 ou la Francophonie. Il a dit avoir confiance dans le Canada qui serait un « bon partenaire » pour lutter contre les changements climatiques. Le président Hollande avait insisté auprès de Stephen Harper lors de sa visite officielle en novembre dernier, pour que le Canada s’engage pleinement dans la lutte contre le réchauffement climatique. À la demande de Stephen Harper, dans la perspective éventuelle d’une participation à la Conférence de Paris 2015, l’ambassade de France établit des rapports mensuels pour Environnement Canada.

Philippe Zeller a également salué l’allié canadien qui lutte contre l’extrémisme islamique. Pour autant la France n’est pas d’accord avec le soutien sans failles du Canada à Israël dans son conflit avec les Palestiniens. Il salue toutefois la récente visite de John Baird, ministre canadien des Affaires étrangères, à Ramallah. Même si le dossier reste compliqué, Philippe Zeller reconnait le courage dont John Baird a fait preuve pour aller rencontrer les Palestiniens chez eux. « C’est si important », conclut-il.

(source : ambassade de France au Canada – The Canadian Press)

(crédit photo : Nathalie Simon-Clerc – Rozenn Nicolle)

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