« L’Alternative, un essai à transformer », une tribune de Nicolas Druet

« L’Alternative », un essai à transformer
Par Nicolas Druet
(crédit photo : Rozenn Nicolle – archives)

 

Après des années de division, les différentes composantes qui se disent centristes vont – enfin – regrouper leurs forces pour devenir l’alternative crédible au PS et à l’UMP. Le temps presse pour éviter qu’en l’absence de cette alternative, les Français se tournent vers les extrêmes et notamment le FN.

Les Français du Canada et du Québec ont toujours été sensibles aux thèses défendues par les candidats de la famille centriste. Les 25% d’appuis pour François Bayrou en 2007, les 14% pour les deux candidats se réclamant du centre lors de la partielle en mai dernier (7,2% pour le Modem et 6,8% pour l’UDI) le prouvent. C’est donc tout naturellement qu’au Québec, les militants du Modem et de l’UDI, qui se connaissent déjà et s’apprécient, réfléchissent à faire un bout de chemin ensemble, concrétisant localement la dynamique initiée en France par les deux mouvements.

Le rassemblement des centres peut paraître une évidence ; l’attachement aux valeurs républicaines, le désir de faire de l’Europe un levier plutôt qu’un bouc émissaire, le refus d’un état omnipotent, la confiance en l’initiative individuelle, la volonté de solidarité, l’envie d’un état stratège qui stimule et encourage, le sentiment d’urgence face à la situation environnementale et climatique sont les axes politiques communs depuis longtemps.

Pourtant, ces dernières années, cette famille s’est retrouvée divisée en deux camps, chacun suivant une  trajectoire politique distincte, chacune avec ses intérêts, agenda et logique propres. Les uns, qui se sont regroupés aujourd’hui dans l’UDI, se sont associés à l’UMP de Sarkozy, pensant qu’en étant dans le camp du pouvoir les positions centristes pourraient se faire entendre, notamment en ce qui concerne la responsabilité budgétaire et la cohésion sociale.

Pour quel résultat ?

Trouver dans les dossiers du quinquennat Sarkozy la trace du début d’une influence centriste restera pour longtemps un sujet d’analyse politique des plus ambitieux. Actant la dérive populiste, la dérive budgétaire, et les manquements graves à l’éthique dans l’exercice du pouvoir, la branche centriste s’est d’ailleurs séparée de l’UMP quelques mois avant la fin du quinquennat.

Les autres, autour de François Bayrou et du Modem, préférant le loup au chien de la fable, ont parié sur l’indépendance et le panache. Refusant en 2002 de rejoindre la grande ratatouille idéologique de l’UMP, dénonçant les dérives populistes, le Modem a voulu construire – seul – en capitalisant sur le bon score de François Bayrou de 2007 une force politique pouvant travailler tantôt avec la gauche réformiste, tantôt avec la droite modérée.

Pour quel résultat ?

Échéances électorales après échéances électorales, l’appui au projet alternatif s’est érodé, frôlant la disparition, à cause, bien sûr, de la bipolarisation de la vie politique et de son mode de scrutin, mais aussi par un fait aussi évident que cruel : comment vouloir rassembler et travailler avec tous les partis sans être capable de fédérer sa propre famille de pensée?

Le sectarisme et l’arrogance du Parti Socialiste, s’estimant se suffire à lui-même, a empêché que ce quinquennat soit celui de la collaboration entre les partis réformistes et a mis fin aux espoirs de ceux qui ont voulu faire confiance a François Hollande.

La réconciliation et la fédération de ces deux familles au sein de “L’Alternative”, actée par Jean-Louis Borloo et François Bayrou, va permettre de proposer une alternative crédible pour les prochaines échéances électorales.

Bien sûr, il faudra que les uns mettent de l’eau dans leur vin, les autres du vin dans leur eau. Mais devant l’effondrement inquiétant (mais néanmoins mérité) du soutien de la population au gouvernement et devant le vide programmatique vertigineux de l’UMP, il y a là une opportunité historique de briser le cercle infernal de l’alternance gauche-droite qu’il faut saisir.

La possibilité que le centre réuni devienne une force politique incontournable et durable doit encourager à tous les niveaux, du local au national, à l’union.

Les Français de l’Étranger auront leur part à jouer dans ces événements politiques.

En effet, pour la première fois en mai 2014, les citoyens français de l’Étranger pourront voter pour des députés européens – ils seront appelés à se prononcer pour la liste Île-de-France – et éliront également leurs représentants pour former la nouvelle AFE (Assemblée des Français de l’Étranger), récemment reformée (1).

Dans ces deux élections, le centre fera tout pour présenter des listes communes et se donner une chance de pouvoir peser et ne pas laisser encore une fois les clés de nos institutions démocratiques aux vieilles machines politiques et donner une nouvelle perspective politique au pays.

Rendez-vous est pris pour mai prochain!

(1) Attention, une condition pour pouvoir s’exprimer : être inscrit sur les listes électorales au consulat avant le 31 Décembre 2013.

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Nicolas Druet a 40 ans. Il a complété ses études en ingeniérie en Informatique en France, et a obtenu une Maitrise en gestion de projet de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il est actuellement directeur de développement informatique dans un grand groupe informatique. Ses missions l’amènent à travailler au quotidien avec les Etats-Unis et l’Europe.
Engagé en politique, il anime avec d’autres, le Modem Canada et s’est présenté à l’élection législative partielle pour les Français de l’étranger en Mai 2013 avec l’etiquette Modem.

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