L’AINAF veut briser l’isolement des immigrants francophones au Québec

En arrivant au Québec il y a trois ans, Sandrine Lassalle constate que les organismes d’intégration des immigrants s’adressent surtout aux non-francophones. Cette Française de 45 ans décide de créer l’AINAF, une OBNL qui fêtera son 1er anniversaire en mars prochain, et dont l’objectif est de briser l’isolement des francophones en recherche d’emplois.

Par Nathalie Simon-Clerc

« 40% des cadres supérieurs marocains repartent faute de travail », explique Sandrine Lassalle. L’entrepreneure a rencontré beaucoup d’immigrants francophones déprimés qui ne trouvent pas d’emploi faute de savoir ou et comment chercher.

Elle crée l’Aide à l’intégration des nouveaux arrivants francophones (AINAF), de manière informelle en juin 2016 avec une première rencontre qui réunit plus de 80 personnes, puis elle enregistre une OBNL plus formelle en mars dernier.

Les francophones qui arrivent avec une Résidence Permanente (RP) n’ont droit qu’à une semaine d’intégration. « Ce n’est pas suffisant », expose Mme Lassale. Elle ajoute que 46% des immigrants qui arrivent à Montréal parlent français, et ceux qui ont obtenu un permis autre qu’une RP n’ont droit à rien. Selon elle, les immigrants qui bénéficient de cours de francisation sont mieux préparés.

Briser l’isolement

« L’AINAF répond à trois objectifs : trouver un emploi, briser l’isolement et donner des conseils pratiques », explique la dirigeante de l’OBNL.

« Nous sommes spécialisés en communication et marketing de l’immigrant », fait-elle valoir.

Elle veut créer un lien entre les entreprises qui recrutent et les immigrants qui cherchent un emploi. « 21% de ceux qui viennent à nos 5@7 sont qualifiés en Technologies de l’Information (TI), or c’est un secteur très en demande, mais les immigrants ne savent pas forcément aller chercher les offres sur les sites des nombreuses entreprises qui recrutent », justifie-t-elle.

Elle veut également briser l’isolement de l’immigrant qui arrive dans un autre pays par la culture. L’Opéra de Montréal fut un de ses premiers partenaires. Elle ajoute à son offre une multitude de conseils pratico-pratiques.

Catherine Feuillet lors de son intervention au 5@7 de l’AINAF en décembre 2017. Gracieuseté

Soirée à thèmes

Après une soirée dédiée à la Belgique, c’était au tour de la France en décembre dernier. Plus de 80 personnes se sont retrouvées au musée Mc Cord en compagnie de la Consule générale de France à Montréal, Catherine Feuillet, et autour d’un cocktail sur le thème de l’Outre-Mer. La discussion s’est engagée sur la préparation au choc culturel que représente une immigration à l’étranger.

En février prochain, Sandrine Lassalle prépare un 5@7 dédié au Maghreb au Centre culturel marocain de Montréal.

Site internet: http://ainaf.com/montreal/

Page Facebook: https://www.facebook.com/Ainaf.mtl/

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