L’Accorderie, un projet social et solidaire né au Québec, qui se propage en France

Fi des échanges basés sur la monnaie ! Créé à Québec en 2002, le système de l’Accorderie, axé sur le principe «1h de service donné = 1h de service reçu» fait florès en France où s’ouvre cette année la vingt-cinquième association. Objectif premier : la lutte contre l’exclusion sociale et la pauvreté.

Par Théodore Doucet

À l’ère des bons plans et du système D, l’Accorderie fait figure de précurseur. Le principe est d’aviver la coopération entre les membres, nommés AccordeurEs, autour d’une somme d’heures que chacun acquiert ou donne en fonction de ses besoins et de ses talents. Que ce soit de l’aide pour un déménagement, une réparation de voiture ou encore des cours de musique, la liste des services déployés est extrêmement variée. De quoi faire de nouvelles rencontres dans son environnement de vie tout en économisant de l’argent.

L’initiative vient de la Caisse d’Économie Solidaire Desjardins et de la Fondation Saint Roch, du nom d’un quartier défavorisé de Québec. Aujourd’hui les treize comptoirs créés dans la province sont installés dans les communautés les plus modestes. «Nous avons commencé par les groupes d’achat (une façon pour les gens d’acheter en groupe, principalement des denrées alimentaires pour négocier de meilleurs prix) et le micro crédit, l’idée de l’Accorderie est arrivée par la suite, détaille Huguette Lépine, directrice générale du Réseau des Accorderies du Québec. Dans cette idée, l’échange est un prétexte, pas un but en soi.» Prétexte à l’inclusion et à la mixité sociales, ainsi qu’à «l’accès à des services que l’on ne pourrait pas s’offrir autrement». La structure gère la banque de temps et la mise en relation des inscrits par informatique en plus d’offrir des locaux pour certaines animations. Pour le reste, ce sont les AccordeurEs qui sont à la manœuvre.

15 heures offertes à l’inscription pour apprendre le concept

Pour favoriser les échanges et le lien de confiance entre les membres, éviter l’appréhension que l’on peut avoir à recevoir quelqu’un chez soi pour des travaux par exemple, des ateliers de rencontre sont organisés régulièrement dans les locaux associatifs. « C’est un lieu d’accueil, convivial et où les gens peuvent proposer des animations », appuie Eva Boijols, coordonnatrice de l’Accorderie de Chambéry, la deuxième créée en France. Ancienne volontaire dans cette même structure et installée depuis deux ans à Montréal, la Française Joanna n’a pas hésité à s’inscrire à celle de l’arrondissement de Rosemont : «C’est vraiment un projet qui me plaît car j’y fais très belles rencontres, j’échange autrement que par l’argent et reçois des services auxquels je n’aurais jamais pensé, comme cet atelier découverte de l’apiculture lorsque j’étais en Savoie.» Toujours à Rosemont au détour d’un atelier couture, Tracy Samantha, prise au jeu il y a six mois, a même «décidé de ne travailler que quatre jours par semaine pour pouvoir plus me consacrer à (ses) nouvelles activités !» Le Québec compte à ce jour quelque 8 000 adeptes de l’échange de temps.

Plus d’informations sur www.accorderie.ca

Un reportage de Théodore Doucet et Aurélien de Négri :

Une réponse

  1. DECLERCK
    DECLERCK at |

    Il y a longtemps que ce type d’organisation existe en France crée par les associations de retraités des entreprises soumises ou non à la loi sur les COMITÉS D’ENTREPRISES

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