La Famille Chédid en concert à Montréal : harmonie et simplicité

Par Camille Feireisen

« On vit un rêve, c’est magique d’être en famille pour jouer et, au niveau de la francophonie, ça ne court pas les rues », commence Matthieu Chédid. Un « cadeau rare » pour la famille Chédid actuellement en tournée aux quatre coins de la France et de passage à Montréal ce soir pour son concert familial.

La journaliste Marie-Hélène Poitras et le vice-président de la programmation et de la production des FrancoFolies Laurent Saulnier ont animé cette conférence de presse en huis clos. Ambiance complice et atmosphère détendue ce vendredi après-midi à la Maison du Festival Rio Tinto Alcan où la tribu Chédid partage ses impressions d’après premiers concerts et sa vision de la famille.

Des concerts en toute simplicité

La famille Chédid est composée de Louis (le père), Matthieu (alias M), Joseph et Anna. Émilie, l’aînée de la fratrie, était absente cette fin de semaine mais elle participera à l’aventure en faisant un film lors de l’enregistrement de l’album studio, fin juin. Le concert des Chédid est avant tout un projet familial dont l’idée a germé en décembre 2013, lors d’un concert de M. Son père, son frère et sa soeur se retrouvent sur scène pour le final, à chanter avec lui. « On s’est retrouvé tous les quatre sur scène et on a senti quelque chose de très fort entre nous », rapporte Louis.

Nach_Selim
Anna et Joseph

Une année plus tard, les Chédid se sont lancés dans l’aventure. Des concerts à la bonne franquette et « en toute simplicité », appuient-ils à l’unisson. Dans cette aventure, chacun garde aussi son prénom de naissance. Car si les animateurs jonglent entre noms de scènes et prénoms, eux n’hésitent pas : ils sont en famille, sans apparats. « Il y a un côté très simple et organique, souligne Louis Chédid. On chante entre nous, il n’y a pas de musiciens extérieurs et c’était un choix, que cela reste vraiment la famille. »

Durant les concerts, ils alternent donc les répertoires : Matthieu chante avec Anna, Louis reprend son fils, Joseph partage un duo avec sa soeur. « C’est un ping-pong de pas mal de choses, entre nos points communs, de la poésie mais aussi des découvertes sur les uns et les autres, explique Matthieu. Notre complicité se passe dans les détails, comme des sourires ou des petites gênes. »

Matthieu : « Comme si c’était une seule personne qui chantait »

Matthieu est convaincu du talent de son frère et de sa soeur. « Nous sommes tous admiratifs des uns et des autres d’une certaine manière, souligne-t-il. Et je pense que faire ce concert pour une autre raison serait malsain. Notre état d’esprit va vers une unité et une harmonie, en se réappropriant les chansons des autres. »

La tribu Chedid
La tribu Chedid

La tribu Chédid, ce sont aussi (presque) trois générations, entre Louis, Matthieu et les deux derniers de la fratrie. Alors quand il s’agit de se rappeler les chansons écoutées lors des petits déjeuners, chacun y va de son souvenir. Brassens pour le père, son père et les Beatles pour l’aîné, leur frère pour les deux plus jeunes… Quoi qu’il en soit, « ça doit aider à harmoniser une famille, la musique », s’exclame Matthieu.

Mais Louis reste persuadé que l’harmonie de leur musique (et de leur famille) passe aussi par leurs différences. « Nous faisons des choses très différentes mais nous nous entendons bien musicalement et je suis persuadé qu’il y a de belles choses à faire entre tous ces genres musicaux », assure-t-il.

Et si la diversité fait le sel d’une famille, la tribu Chédid n’en manque pas. Ce qui a, semble-t-il, charmé le public. Ils ne s’attendaient d’ailleurs pas à recevoir autant d’émotion. « J’ai jamais vu autant de yeux mouillés », sourit Matthieu. Quand images musicale et fraternelle se mêlent, la recette est gagnante.

Matthieu : « Notre devise : Un pour tous et tous pour un ! »

M
Matthieu

L’unité fait la force mais le talent aussi. Pour la dernière de la fratrie, Anna, alias Nach – « un mélange de la fin d’Anna et du début de Chédid » –  c’est aussi l’occasion de se dévoiler au public. La jeune femme a sorti son premier album éponyme en avril dernier. « Je suis aussi en tournée pour mon album en ce moment et beaucoup de choses fortes se passent en même temps, raconte Anna. Une histoire nourrit l’autre et au final, les deux s’harmonisent. » Les yeux qui pétillent et le sourire aux lèvres, la jeune chanteuse se révèle.

Pour Joseph, alias Selim, les affinités rock l’ont emporté. « Ce n’est pas évident de faire sa route d’artiste dans une famille comme la mienne mais en même temps, ce concert nous permet de montrer chacun ce que nous sommes et c’est très sain » affirme-t-il. Quant à son personnage, M, Matthieu l’a mis de côté, le temps de se ressourcer en famille. « Tout ça est un jeu, j’enlève les apparats avec la famille, précise-t-il. Évidemment, je chante les chansons de M, mais avec plus simplicité. »

Les mots de l’harmonie

La tendresse unit les membres de cette famille. Mais c’est aussi la force des textes qui émeut dans leur musique. « Je trouve la langue française très inspirante et très musicale » souligne Anna. Pour son père, le texte est très important en langue française et « la barre est haute », que l’on écrive des chansons tristes ou gaies. Joseph, lui, voit une certaine simplicité se dégager au fil des années. « On a une manière de plus en plus spontanée d’écrire, même sans rime et cela crée une fusion intéressante », soutient-il. Enfin, pour Matthieu, l’énergie qui se dégage d’une musique ne s’explique pas toujours. « Il y a des ondes qui nous émeuvent sans qu’on comprenne un mot de la chanson », nuance-t-il.

Après l’attentat à Charlie Hebdo, Matthieu a d’ailleurs écrit un titre en hommage à l’équipe du journal, Comme un seul homme. Un « petit cri personnel » qui sortait tout droit du coeur. « Souvent, les grandes chansons naissent d’une nécessité ou, a priori, le silence est la meilleure réponse, dit-il. Pour être très honnête, c’était une chanson du coeur qui est sorti comme un besoin. »

La famille Chédid a programmé 35 concerts dans son agenda. La tournée s’achèvera en septembre, à l’Opéra Garnier à Paris. Et la sortie d’un double album est prévu pour le même mois, en France.

(crédit photo : Camille Feireisen)

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