Katerine aux Francos : une foule ravie par l’humour du chanteur français

Le fantasque Philippe Katerine était un des premiers artistes français à se produire aux Francofolies de Montréal le 9 juin 2017. Le théâtre Maisonneuve a accueilli le jeune Tim Dup en première partie, puis Katerine accompagné de la pianiste-concertiste Dana Ciocarlie pour un concert qui a plongé le public montréalais dans un univers absurde et impertinent.

Par Léa Villalba

Programmé dans une salle de plus de 1 400 places, Katerine est un des premiers artistes à se produire lors du festival des Francofolies 2017. L’artiste était déjà venu à Montréal pour donner quelques concerts en solo, en 2000, 2003, 2006 à la salle du Gesu, au Métropolis ou encore au Spectrum. Katerine se produit alors pour la première fois en duo sur la scène québécoise.

Après une première partie mélancolique et attendrissante du jeune Tim Dup, le théâtre Maisonneuve assiste donc au duo de choc de Katerine et Dana Ciocarlie. On découvre alors deux personnages issus de deux univers opposés où la musique classique de la pianiste roumaine fusionne avec la folie du chanteur français. Deux personnalités extravagantes et complémentaires, un lutin et une femme du second empire, déambulent durant 1h45 de spectacle pour la joie simple et assumée du public.

Un mélange artistique original où entrent aussi en jeu les effets de lumière, diversifiés et élaborés, et les transitions musicales plus théâtrales et absurdes, devant les yeux conquis du public montréalais, enjoué et réactif. Tim Dup (première partie) et Katerine représentent alors la musique française et se dévoilent au public montréalais dans une de ces salles reconnue pour un événement de renom qui porte la fierté de la langue française. Tout un défi !

Un habitué de la scène montréalaise

C’est un 2005 que Philippe Katerine, parfois surnommé Katerine, assoit sa popularité en France avec la sortie de son long-métrage Peau de cochon et son septième album Robots après tout, salué par la critique. Avec des influences plus électroniques, c’est l’album qui inclut les titres phares de l’artiste comme Louxor j’adore et 100% VIP.

Le chanteur fera alors une tournée, en France et à l’étranger, avant d’être nommé aux Victoires de la musique en 2006 dans la catégorie album « révélation de l’année ». Il recevra, la même année, un disque d’or. Après avoir réalisé 52 reprises de chansons françaises, au rythme d’une reprise par semaine, avec « Francis et ses peintres » qu’ils diffusent sur le net, Katerine sort, en 2010,  Philippe Katerine, dont le premier single la banane rencontre, encore une fois, un très bon accueil auprès du public français. Après  Magnum, sorti en 2014, Katerine revient cette année avec son 10ième album Le Film, dans lequel il mêle poésie, anecdotes personnelles et informations politiques.

Habitué de la scène montréalaise depuis 2000, il revient à Montréal, après 10 ans d’absence pour partager la scène avec Dana Ciocarlie au cœur des Francofolies, la plus grande fête musicale de la francophonie.

Duo fantasque et prose décalée

Formée aux sources de l’école roumaine de piano et à l’École Normale de Musique de Paris, Dana Ciocarlie possède un vaste répertoire, allant de Jean-Sébastien Bach aux compositeurs actuels. Reconnue comme l’une des interprètes majeures de Horatiu Radulescu et récompensée par de nombreux prix lors de concours internationaux prestigieux, l’artiste s’est lancée le défi de filmer toute l’œuvre pour piano seul de Robert Schumann comme projet de vie. Artiste classique au répertoire varié, ses nombreux récitals ou concert l’ont mené à parcourir le monde, des États-Unis, au Canada, en passant par la Chine, l’Indonésie et l’Europe. Dana Ciocarlie aime s’entourer et ses choix de répertoire s’accompagnent toujours d’aventures humaines.

La pianiste-concertiste incarne alors, aux côtés du farfelu Katerine, une réelle douceur dans l’esprit déluré de l’artiste français. La prose enfantine du chanteur se pose, de façon plus ou moins délicates, sur les douces notes de la pianiste pour créer un univers absurde et impertinent aux allures dérangeantes mais humoristiques. Mélodies, gestuelles, chant et mise en scène se rassemblent pour offrir, sous la bannière de l’humour  un désordre artistique très bien ficelé. Des sons enfantins s’entremêlent à des sonorités plus énervées, afin de porter l’univers de Katerine où paroles vulgaires, spontanées et sans prétention viennent éveiller l’imagination du public. Harmonie et dissonances volontaires s’unissent et donnent lieu à un spectacle déjanté. Katerine offre alors un performance décalée, où son personnage naïf livre des réalités crues, des attitudes sexuelles et dérangeantes, parfois vulgaires pour le plus grand bonheur de son public, fans de la première heure ou curieux mélomanes prêt à débrancher leur cerveau le temps d’une soirée.

(crédit photo de Une: ©2017_benoit rousseau_les francofolies de montreal_Katherine – Francofolies – Gracieuseté)

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