La justice restaurative sous la loupe des experts franco-québécois

À l’occasion de la semaine nationale de la justice réparatrice au Canada qui s’est déroulée du 20 au 27 novembre dernier, des experts français et québécois se sont réunis pour échanger et partager leurs expériences et pratiques de la justice restaurative ou réparatrice, un concept encore récent en France mais qui existe depuis quinze ans au Québec.

Par Lise Ouangari 

« Il y avait eu un jugement de cours d’assise. Ça ne m’a pas apporté de réponse. Ça a juste posé les choses: ‘ok, il est coupable, vous étés victime’. Mais derrière, je n’ai pas eu les explications que j’attendais », regrette Yoon, une jeune femme victime d’un crime. Elle partage son témoignage dans un court documentaire de sensibilisation sur la justice restaurative réalisé par l’Institut national d’aide aux victimes et de médiation (INAVEM).

Pour Yoon, le jugement pénal n’a pas permis de tourner la page. Elle a choisi de participer à des séances de justice restaurative où des victimes rencontrent des détenus. « Ça aide à fermer une porte » rapporte-t-elle dans le documentaire.

La justice restaurative pour réparer les vivants

« La justice restaurative ou réparatrice, c’est faire en sorte que, dans un espace de dialogue sécurisé, des victimes et des auteurs [d’actes criminels] puissent exprimer leurs émotions, échanger leurs ressentis pour retrouver une forme de sérénité, d’apaisement et surtout être de nouveau acteur de sa propre histoire », explique Olivia Mons, la directrice des communications de l’Institut INAVEM en France et coordinatrice du programme franco-québécois.

« Le fait de permettre aux victimes et aux auteurs de se rencontrer permet aux gens de se redécouvrir en humanité: les victimes découvrent l’humain derrière des actes monstrueux et les détenus se rendent compte de la souffrance qui perdure pour les victimes au fil du temps et des années », poursuit-elle.

Une collaboration franco-québécoise

Au cours de ce voyage d’étude, des activités de sensibilisation et des conférences ont entouré cette coopération franco-québécoise pour leur programme « Regards croisés sur les approches et l’opérationnalité de dialogues entre auteurs et victimes », coordonné au Québec par Catherine Rossi, professeur de criminologie à l’Université Laval à Québec.

Le Québec et Montréal en particulier, a été un des précurseurs pour les mesures de justice restaurative notamment portées par le Centre de service de justice réparatrice. En France la justice réparatrice existe depuis 2010 et a intégré le cadre législatif en 2014 sous l’impulsion de l’ancienne garde des sceaux, Christiane Taubira. Celle-ci s’était rendue dans la province pour s’inspirer de l’expérience de justice réparatrice qui y existe depuis quinze même si elle n’est pas encadrée par la loi.

Inavem pour les Français de l’étranger

Le réseau d’association d’aide aux victimes que fédère Inavem vient gratuitement en aide aux victimes d’infractions pénales sur l’ensemble du territoire français mais également aux Français qui pourraient être victimes à l’étranger.

En plus d’informer sur les droits, l’institut offre des services de soutien psychologique, d’accompagnement social aux victimes et aux proches.

(photo de Une: Olivia Mons, directrice des communications de l’Institut INAVEM en France et coordinatrice du programme franco-québécois – crédit: Lise Ouangari)

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