Juliette Gréco, une icône de la chanson française à Montréal

Par Jihane Alami

« Je vais vous présenter une artiste pleine d’avenir ! » lance Monique Giroux, présente pour accueillir l’icône de la chanson française Juliette Gréco, de passage aux FrancoFolies de Montréal ce dimanche dans le cadre de sa tournée d’adieux Merci!

(reportage vidéo en bas)

DSC_0200 À 88 ans, la muse de St-Germain des Prés chantera pour la dernière fois sur scène ses plus grands succès : Sous le ciel de Paris, Si tu t’imagines ou encore Rue des blancs manteaux. « Les chansons pour la dernière, on les choisit avec son cœur. C’est compliqué, de même que partir est cruel », affirme-t-elle dans un sourire.

Juliette Gréco préfère parler de tournée de remerciement, plutôt que d’adieux : « Je veux dire merci à tous les gens pour qui j’ai chanté dans ma vie, à ceux qui sont venus me voir ! », lance-t-elle.

Quitter la scène ne signifie pas pour l’artiste arrêter de chanter : « Je vais enregistrer des disques, continuer de chercher des auteurs et des compositeurs comme j’ai fait toute ma vie », explique-t-elle, avant de lancer malicieusement « Je ne vais pas mourir avant de mourir, ce serait stupide ».

Reconnaissante des merveilleuses rencontres qui ont jalonné sa vie et sa carrière, Juliette Gréco porte en elle Raymond Queneau, Jacques Brel, Jean-Paul Sartre, qu’elle évoque avec tendresse « Sartre me rencontre et me dit Gréco vous chantez ! Il me tend le texte de Rue des blancs manteaux, écrite pour Huis Clos. J’étais alors en possession de quelque chose que je défendrai toute ma vie et deux jours après j’étais sur scène ».

Les souvenirs du Paris Rive Gauche des années 50 rappellent combien le répertoire de la Jolie Môme comptent les textes d’illustres écrivains et compositeurs : « J’espère de tout mon cœur qu’on continuera de les chanter après moi », s’enquiert-elle.

« Apprenez à dire non »

DSC_0209-2Attentive à son époque, Juliette Gréco n’oublie pas de mentionner les chanteuses françaises actuelles qu’elle juge surprenantes, telles qu’Olivia Ruiz ou Camille, et Abd Al Malik avec qui elle a fait un duo.

« Il est difficile d’exister dans le monde d’aujourd’hui. » affirme-t-elle lorsqu’on l’interroge sur la jeunesse d’aujourd’hui. Selon Juliette Gréco, « les jeunes ont été pris en otage par l’argent, ils n’ont pas notre liberté ni notre insolence ». Avec bienveillance, elle leur conseille donc d’apprendre vigoureusement à dire non : « apprenez à refuser et à être vous même », conclue-t-elle.

La tournée canadienne de Juliette Gréco se terminera ce jeudi 18 juin à Toronto, après avoir chanté à Tadoussac (12 juin), Montréal (14 juin) dans le cadre des FrancoFolies, et Sherbrooke (16 juin). Un long remerciement au Québec qu’elle décrit comme « un pays tendre, souriant et généreux où l’autre existe ».

(crédit photo : Sarah Laou – Une : Nathalie Simon-Clerc)

Un reportage de Nathalie Simon-Clerc:

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